Dijon (21) – Voiture de la Croix-Rouge brûlée : un an de prison ferme

Le prévenu, un migrant soudanais de 25 ans, est poursuivi pour destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux. Des représailles qu’il avait annoncées à la suite de la mise sous protection des membres de sa famille contre lui.

La maison d’arrêt de Dijon. Photo illustration LBP /Anne-Françoise BAILLY

Le 7 juillet 2021, le prévenu, un migrant soudanais de 25 ans, aurait brisé le pare-brise d’un véhicule appartenant à La Croix-Rouge française avec un parpaing, puis l’aurait incendiée.

Appréhendé, puis placé en garde à vue, l’homme aurait expliqué son geste, indiquant qu’il aurait agi de la sorte en réaction au fait que son épouse et ses enfants, mais également sa belle-sœur et ses enfants, auraient été mis en protection à la suite de violences conjugales.

Il dit avoir « droit de vie et de mort sur ses enfants »

Le prévenu, loin d’accepter la situation, se serait plusieurs fois rendu au foyer, et plusieurs fois la police aurait dû intervenir, recueillant par là même les menaces de représailles qu’il aurait fini par mettre à exécution en s’en prenant à la voiture de l’association.

« C’est Allah qui décide, pas la police », aurait-il répété lors de ses auditions, expliquant par ailleurs que son épouse lui ayant été confiée par le mariage, il en aurait la responsabilité, pour ne pas dire la propriété.

Me Hamann, côté partie civile, poussera la problématique à son paroxysme : « Monsieur dit qu’on n’a pas à le priver de ses enfants sur lesquels il a un droit de vie et de mort. L’infraction s’inscrit dans ce processus. Mais s’il ne comprend pas le droit français par rapport à sa femme et à ses enfants, qu’est-ce qu’on fait ? ».

L’analyse ne sera d’ailleurs pas rejetée par Me Connault, en défense, qui s’attardera sur l’éducation qui aurait dû lui être donnée : « Parce qu’il n’a pas eu accès au droit, que pouvait-il faire d’autre pour attirer l’attention ? On lui a retiré ses enfants pour une cause qui, pour lui, était injustifiée. »

La procureure Carvajal, pour sa part, s’interroge sur sa dangerosité relevée par l’expertise psychiatrique et le risque élevé de récidive : « Il s’attaque aux personnes qui protègent sa femme sur lequel il exerce des violences, qu’il a reconnues également. Mais le plus alarmant est son positionnement. Monsieur est dans la toute-puissance, dans le déni de réalité, persuadé qu’il n’est pas responsable de ce qui lui arrive ».

Suivant les réquisitions du parquet, Radouane Hafiz Abderaman a été condamné à 18 mois de prison, dont 6 avec sursis probatoire.

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