Dissolution de Génération Identitaire: «Même sur le plan politicien, je ne trouve pas ça malin!»

Entretien avec Gilles-William Goldnadel

par Martin Pimentel

L’avocat Gilles-William Goldnadel réagit au projet de dissolution du mouvement anti-immigration Génération identitaire voulu par le gouvernement.

Craignez-vous l’annonce d’une dissolution de Génération Identitaire au prochain Conseil des ministres ?

Oui. Je n’en suis pas sûr, mais comme je suis sûr que nous ne vivons pas tout à fait dans un État de droit, ma crainte est particulièrement justifiée. Si je vivais dans un État de droit, je serais d’une placidité parfaite, mais ce n’est pas le cas. Si je vivais dans un État de droit, jamais un ministre n’aurait osé demander la dissolution d’une association aussi pacifique.

Quels recours aurez-vous, si cette dissolution est annoncée ?

Si jamais mercredi Génération Identitaire est dissoute, nous irons au Conseil d’État.

Paris, 20 février 2021

Le pouvoir est gêné par Génération Identitaire depuis des mois, mais jusqu’alors il estimait ne pas avoir d’éléments permettant d’engager une dissolution. Qu’est-ce qui a changé ?

Le ministre ! Ce qui a changé, c’est la politique, c’est le coup de barre à droite – au moins sur le plan verbal – sur l’immigration et sur l’islamisme qui nécessitait dans notre gouvernement du « en même temps » un coup de barre à gauche. C’est aussi simple que cela.

On a effectivement l’impression que cette décision que vous craignez vise à donner des gages à la gauche. Elle intervient après d’autres dissolutions polémiques (Barakacity et le CCIF). Vous pensez donc que c’est pour équilibrer ?

Oui. Mais c’est une fausse symétrie, qui a des vues politiques scandaleuses. Je ne suis pas sûr que monsieur Darmanin, compte tenu du débat qui s’est instauré, soit spécialement satisfait d’avoir pris cette décision. Même si mercredi Génération Identitaire est dissoute, bien au-delà du Rassemblement National et de la droite dure, des démocrates ne seront pas du tout d’accord avec cette dissolution. Et je ne suis pas sûr du tout que l’exécutif retrouvera à gauche de qu’il va perdre à droite. Où que je tourne mon regard, que ce soit sur le plan juridique, que ce soit sur le plan philosophique, politique ou démocratique, je trouve que c’est une décision assez stupide.

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