Donald Trump se vante d’avoir des “renseignements” sur la vie sexuelle d’Emmanuel Macron

Lors de la perquisition menée à Mar-a-Lago, la résidence de Donald Trump en Floride, le FBI a saisi un document contenant des “informations” d’ordre privées sur le président français Emmanuel Macron. L’ancien président américain, selon diverses sources, se serait renseigné sur la vie privée de son ancien homologue français.

Sur la liste des documents saisis par le FBI suite à la perquisition menée début août dans la propriété de Donald Trump à Mar-a-Lago, le point 1a est répertorié en tant qu’ “info re : Président de la France.” Donald Trump a toujours porté un intérêt certain sur les éventuelles frasques de ses anciens homologues et de son entourage et ce, bien avant son accession à la présidence.

Pendant et après son passage à la Maison Blanche, Donald Trump s’est vanté auprès de certains de ses plus proches collaborateurs de disposer d’informations sur la vie privée du président français Emmanuel Macron, expliquent deux journalistes qui suivent le dossier à la rédaction de Rolling Stone de New York. L’ancien président a même affirmé qu’il avait appris certains de ces détails grâce à des “renseignements” donnés lors des briefs des services secrets, rappellent ces sources.”

Des zones d’ombres persistent en revanche sur la véracité de l’existence de documents relatifs à la vie personnelle du président français dans le lot saisi par le FBI et l’on ignore également si ces informations provenant de la perquisition ont été fournis par les services de renseignements américains, ni leur degré de confidentialité et de classification.

La simple révélation de l’existence de ces documents a déclenché une panique transatlantique, selon deux autres sources familières de la situation. Et le fait que l’ex-locataire de la Maison Blanche ait déjà parlé des manières prétendument “coquines” d’Emmanuel Macron que “peu de gens connaissent” a intensifié ces inquiétudes. Les responsables français et américains cherchent à découvrir précisément ce dont Donald Trump dispose réellement sur Emmanuel Macron et le gouvernement français : si certains de ces éléments sont de nature sensible ; si cette découverte correspond à une violation de la sécurité nationale ou s’il s’agissait d’un souvenir, volé ou créé de toutes pièces.

Un porte-parole de l’ambassade de France a déclaré à Rolling Stone USA que leur enquête ne les a pas poussés à demander à l’administration Biden une copie des documents concernant le président français retrouvés à Mar-a-Lago.

Selon les sources, Donald Trump, colporteur notoire de ragots depuis des décennies et connu pour ses fanfaronnades, n’a jamais donné de détails ni de précisions quant à la vie privée de son ancien homologue français. “Il est souvent difficile de dire s’il raconte des conneries ou non” martèle l’une des sources,  Le porte-parole de Donald Trump n’a pas souhaité répondre aux sollicitations de Rolling Stone.

Connue pour son instabilité, la relation entre les deux présidents a souvent défrayé la chronique, l’Américain ayant un jour qualifié son ancien homologue français de “mon gars” avant que les deux ne se brouillent au cours du mandat de l’ancien président américain à la Maison Blanche.

Dès 2017, le président américain avait manifesté son soutien à la rivale de celui qui était alors candidat à la présidentielle, en invitant la nationaliste d’extrême droite Marine Le Pen à la Trump Tower et en la félicitant lors de diverses interviews. Emmanuel Macron ignorera ce soutien à la candidate et conviera même Donald Trump  en tant qu’invité d’honneur au défilé du 14-Juillet après son entrée à l’Elysée. Trump, impressionné par l’apparat militaire français, demandera à organiser sa propre revue des troupes.

En 2019, les tensions entre les deux hommes et leurs visions du monde ont éclaté au grand jour. Après des différends entre les deux dirigeants sur l’Iran, la Syrie et l’OTAN, Trump fustigera Macron et le traitera d‘“emmerdeur” lors de la réunion à la Maison Blanche des ambassadeurs internationaux des Nations unies. L’ancienne secrétaire de presse de Trump à la Maison Blanche, Stephanie Grisham, rappellera également dans ses mémoires que Trump avait, en privé, traité Macron de “mauviette” et de “cent vingt livres de fureur”.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump fait écho des ragots salaces concernant la vie privée de dirigeants étrangers, de membres de son entourage ou d’associés. Alors que les Républicains J.D. Vance et Josh Mandel se disputaient son soutien dans la primaire sénatoriale du GOP de l’Ohio, Trump a personnellement diffusé des rumeurs sur la vie sexuelle de Mandel et a qualifié le candidat de “putain de bizarre”. Le soutien a apporté à Vance a été motivé par une rumeur entendue par Trump et venant de la star de Fox News, Tucker Carlson, sur les supposées habitudes sexuelles de l’un des partisans de Mandel.

Au cours de la campagne présidentielle de 2016, Trump, brièvement réfugié au QG de son parti, a rapporté à des membres de son personnel des informations sur deux animateurs de MSNBC qui n’avaient pas encore rendu publique leur idylle. “Vous savez, personne d’autre n’est au courant, mais je sais tout à propos du petit appartement de Joe et Mika dans l’Upper East Side”, a-t-il dit, faisant référence aux animateurs de Morning Joe, Mika Brzezinski et Joe Scarborough, dont la relation de longue date allait bientôt devenir publique. “Un jour, je vous raconterai tout ça”, ajoutera-t-il. Trump ignorait même pas le nom de ces employés recrutés pour sa campagne, ce qui ne l’a pas empêcher de divulguer ces informations.

Les fixations glauques de Trump s’étendent également aux familles des dirigeants étrangers. Grisham rappelle dans ses mémoires avoir vu, sur un écran d’Air Force One, Trump prendre à part le Premier ministre canadien Justin Trudeau pour lui faire une affirmation grossière sur la vie sexuelle de sa mère, Margaret Trudeau – une affirmation qui a laissé Grisham perplexe.

Lors de conversations avec ses associés, Trump n’a jamais pu expliquer la manière dont les espions américains auraient pu obtenir les supposées informations sur Emmanuel Macron qu’il prétendait alors avoir, la communauté du renseignement américaine étant devenue beaucoup plus prudente en matière d’espionnage des alliés proches au cours de la dernière décennie.

Les révélations sur les écoutes américaines de l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel ont incité l’administration Obama à restreindre sévèrement la collecte de renseignements sur les chefs d’État alliés. En vertu d’une directive de 2014 connue sous le nom de PPD-28, l’administration Obama a interdit les écoutes des dirigeants des “amis et alliés proches” en l’absence d’“un objectif impérieux de sécurité nationale”. Après avoir réexaminé l’ordonnance en 2017, l’administration Trump a annoncé qu’elle continuerait à s’y conformer. Néanmoins, les renseignements sur les alliés étrangers peuvent toujours figurer dans les dossiers classifiés de la communauté du renseignement car collectés par des voies moins directes.

“Alors que la PPD-28 a certainement limité le degré auquel les États-Unis récupéreraient intentionnellement et directement des informations sur certains chefs d’État alliés, il existe des scénarios plausibles par lesquels des informations pourraient être glanées indirectement par le biais de collectes contre des adversaires et leurs réseaux, humains ou techniques”, explique un ancien fonctionnaire de la Maison Blanche de Trump à Rolling Stone.

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