Échirolles (38) : Le collège Picasso mobilisé pour soutenir la famille turque de Nergiz Zorlu, visée par une OQTF

Des enseignants et d’autres membres de l’équipe du collège Pablo-Picasso à Échirolles se mobilisent pour Nergiz, ancienne élève de l’établissement, dont la famille est visée par une obligation de quitter le territoire français.

l y a six ans déjà, ils avaient accompagné et apporté tout leur soutien à la famille Zorlu, visée par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Originaire de Turquie, elle était arrivée en France en 2008.

En 2016, on était là pour Nergiz, collégienne dans notre établissement, et sa famille se souvient Catherine Brun, ancienne professeure d’histoire-géographie au collège Pablo-Picasso d’Échirolles. Les enseignants et les équipes avaient témoigné de l’investissement, de la volonté et de l’envie de Nergiz, de sa sœur et de ses parents. On pensait qu’on avait fait notre boulot… C’est dans nos valeurs et missions, dans l’Éducation nationale, cette intégration d’élèves d’origine étrangère. Sauf que l’on vient d’apprendre que la famille Zorlu a de nouveau reçu une OQTF. Six ans après. On ne comprend pas et on est très inquiets ».

« Une épée de Damoclès au-dessus de la tête »

D’autant que Nergiz, toujours en lien avec ses anciens professeurs et désormais âgée de 17 ans, poursuit ses études : « Elle est en terminale gestion administrative au lycée des Charmilles et envisage de se diriger vers un BTS l’an prochain. Sa petite sœur Aynur est en CM2 à l’école Marcel-David d’Échirolles et doit intégrer le collège Pablo-Picasso l’année prochaine. Comment peut-on envisager de les faire retourner en Turquie, pays qu’elles ne connaissent pas. Nergiz est arrivée en France à l’âge de 3 ans, elle ne connaît rien de la Turquie. Et Aynur est née en France ! Elles n’envisagent absolument pas leur avenir là-bas et n’y ont aucun repère, assure Catherine Brun. Le père des filles est maçon, il travaille et a même une promesse d’embauche en CDI. Combien de temps va-t-il falloir pour que cette famille puisse vivre tranquillement ici, sans le stress et l’angoisse permanente que vivent ces enfants, parce qu’ils peuvent être expulsés du jour au lendemain ? ».

Et « comment fait-on pour suivre une scolarité normale quand on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête ? », enchaîne Anne-Marie Guillaume, enseignante à Picasso. « Nous, ça nous prend aux tripes cette histoire », lancent-elles.

Le Dauphiné