Electricité, gaz, pétrole : quand les autorités réclamaient des sacrifices (rediffusion).

L’exécutif demande aux Français, aux entreprises et aux administrations de faire des économies d’énergie. Ça ne vous rappelle rien ? Eh oui, les années 1970.

Emmanuel Macron à l’Elysée, le 20 juillet. – Arthur Nicholas Orchard/Hans Lucas via Reuters Connect

« Nous devons aujourd’hui nous préparer à un scénario où il nous faut nous passer en totalité du gaz russe », a expliqué le président de la République, Emmanuel Macron, au cours de son entretien accordé à TF1 et à France 2 l’occasion du 14-Juillet.

À l’issue du Conseil des ministres du 20 juillet, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a détaillé une série de « petits gestes du quotidien » pour faire des économies d’énergie, comme par exemple éteindre la lumière ou le Wi-Fi quand vous quittez votre salon. La Première ministre, Elisabeth Borne, a transmis à l’ensemble des membres du gouvernement une circulaire du 25 juillet « relative à la sobriété énergétique et à l’exemplarité des administrations de l’Etat » (à télécharger ici). « Les tensions internationales ainsi que l’indisponibilité d’une partie du parc nucléaire français imposent un effort sans précédent en matière de sobriété énergétique », est-il écrit en préambule du texte. « C’est la raison pour laquelle j’ai lancé des groupes de travail, placés sous l’autorité de la ministre de la Transition énergétique, pour mobiliser les administrations publiques ainsi que les entreprises. Ces différents acteurs doivent aboutir, d’ici fin septembre, à des feuilles de route de propositions et de recommandations avec pour objectif de réaliser 10 % d’économies d’énergie en deux ans », poursuit la circulaire.

Pour l’exécutif, les économies d’énergie doivent permettre de prévenir le risque de pénurie mais aussi de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Ces exigences de sobriété rappellent les années 1970, au cours desquels des chocs pétroliers ont sonné le glas des Trente Glorieuses (1945-1975), cette période de forte expansion économique et de plein-emploi.

1973 : Georges Pompidou invite les Français à faire des économies

La première crise constitue une répercussion de la guerre du Kippour qui a opposé Israël à une coalition de pays arabes, en octobre 1973. Le prix du pétrole a déjà doublé depuis 1970, rapporte Economie.gouv.fr. À la fin de l’année 1973, « les pays du Golfe décident, en guise de rétorsion contre les pays alliés à l’Etat hébreu, de réduire leur production », selon le site de Bercy. L’Arabie saoudite impose même « un embargo de ses exportations, vers les Etats-Unis notamment ». Le prix du baril de pétrole est « multiplié par quatre » sur une période de « quelques semaines ». Il atteint un montant de 16 dollars.

Dans un entretien accordé le 20 décembre 1973 à l’ORTF, le président de la République, Georges Pompidou (1969-1974), utilise, comme Emmanuel Macron le 14-Juillet, le verbe « préparer ».

« Il est certain que, si la pénurie de pétrole devait se prolonger pendant des mois et des années, tous les pays finiraient par en subir les conséquences directes ou indirectes. Le devoir du gouvernement est donc de se préparer à prendre des mesures, sérieuses, graves », dit le chef de l’Etat.

« Je fais appel à l’esprit d’économie du peuple français. Economisons l’essence, l’électricité, le chauffage… et cela suffira à diminuer notre consommation », ajoute Georges Pompidou, qui allait mourir d’un cancer le 2 avril 1974.

Le Premier ministre, Pierre Messmer, met en place plusieurs mesures temporaires, détaillées par Les Echos et BFMTV. Par exemple :

  • des limitations de vitesse (120 km/heure sur les autoroutes, 90 km/heure sur les routes) ;
  • la fin des émissions de télévision à 23 heures hors week-ends et fêtes ;
  • l’interdiction de la publicité lumineuse entre 22 heures et 7 heures du matin.

1976 : « On n’a pas de pétrole, mais on a des idées »

La France subit encore le contrecoup du choc pétrolier. Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981), l’Etat mobilise la population sur le thème des économies d’énergie dans une campagne publicitaire autour du slogan : « On n’a pas de pétrole, mais on a des idées. » Une formule qui rappelle un slogan de Mai 68 : « L’imagination au pouvoir. »

Suivant la volonté du chef de l’Etat, l’heure d’été est mise en œuvre à partir de la nuit du 27 au 28 mars 1976.

1979 : chasse au Gaspi

Un nouveau choc pétrolier touche à nouveau l’économie française. « La chute du Shah d’Iran et la révolution islamique dans ce pays, alors important producteur de pétrole, engendre un nouveau doublement du prix du baril, de 20 à 40 dollars », indique Economie.gouv.fr.

« Afin de sensibiliser la population aux économies, le ministère de l’Industrie et l’Agence pour les économies d’énergies lancent une grande campagne d’information plutôt ludique […], restée dans les mémoires sous le nom de chasse au Gaspi », raconte sur son site l’Institut national de l’audiovisuel (INA). « Cette campagne est largement relayée par la télévision à travers toute une série une série de publicités et par les journaux télévisés », précise l’INA.

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