« En 20 ans, l’art contemporain est devenu un moteur des ventes publiques »

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Marginal jusqu’à la fin des années 1990, l’art contemporain est devenu en vingt ans un moteur du marché du l’art, la Chine et ses artistes s’y imposant comme des acteurs majeurs à côté des Américains, analyse le dernier rapport de la société spécialisée Artprice publié lundi.

Réalisée sur les résultats des enchères publiques pendant 20 ans (1er janvier 2000-30 juin 2020) dans le monde, l’enquête porte sur les oeuvres d’artistes classés “contemporains” du fait de leur naissance après 1945 dans le segment du “Fine Art”, qui regroupe peintures, sculptures, installations, dessins, photographies, estampes, vidéos, à l’exclusion du mobilier, des automobiles, etc.

Boris Lange, présentateur néerlandais de l’émission LifeHunters, a exposé un tableau IKEA dans le musée d’art moderne d’Arnhem, aux Pays-Bas. Vendu 10 euros par la célèbre enseigne suédoise, cette toile est présentée comme étant l’œuvre d’un certain « Ike Andrews », un artiste imaginé pour la supercherie. Ainsi, Boris interpelle les amateurs d’art afin qu’ils lui fassent part de leur interprétation du tableau, puis il demande à chacun d’entre eux d’en faire une estimation. Les réponses sont alors pour le moins surprenantes, un homme allant jusqu’à proposer… 2,5 millions d’euros !

L’art contemporain pèse désormais 15% des ventes aux enchères de “Fine Art” contre 3% en 2000 dans le monde: ses ventes sont passées de moins de 100 millions de dollars en 2000 à près de 2 milliards, a calculé la banque de données d’Artprice.

Selon cette société, leader mondial de l’information sur le marché de l’art, 200 oeuvres d’art contemporain ont été vendues en moyenne par jour dans cette période et le produit des enchères d’oeuvres contemporaines a progressé de 2.100 % en vingt ans.

Le nombre de salons passait lui d’une soixantaine à plus de 600: une inflation cassée aujourd’hui par l’épidémie de Covid-19.

L’art contemporain a désormais dans les enchères une place plus importante que les maîtres anciens et l’art du XIXe siècle.

Il est le segment qui s’adapte le mieux aux ventes en ligne. Il continue de se démocratiser, de devenir moins intellectuel, avec des œuvres aux prix abordables, une clientèle plus jeune“, affirme le président d’Artprice, Thierry Ehrmann.

Le nombre de maisons de ventes actives sur le contemporain a presque doublé et le nombre d’artistes contemporains vendus a été multiplié par six (de 5.400 à près de 32.000).

L’autre élément frappant du rapport est la part des artistes et marchands chinois: les artistes de ce pays sont un tiers dans le “top cent”. Et dans le “top mille”, ils sont 395 contre 165 Américains.

C’est ainsi que le Chinois Zeng Fanzhi est le cinquième artiste le plus coté, après les Américains Jean-Michel Basquiat, Jeff Koons, Christopher Wool et le Britannique Damien Hirst.

Sur le marché mondial de l’art contemporain, le président d’Artprice reconnaît que le coût de la pandémie de Covid-19 en 2020, pour lequel Artprice ne dispose pas encore de données complètes, sera élevé, et que “2021 est déjà perçue comme une année blanche“.

France24