“En rentrant de vacances, leur appartement est occupé”: des Marseillais délogés par des squatteurs

Près de trente personnes ont dû être évacuées de leur logement de la cité Kalliste à Marseille à cause de violents affrontements, à coups de barres de fer et de machettes, qui ont éclaté le week-end dernier entre des groupes de la communauté nigériane.

En pleine journée, au pied des immeubles de la cité Kalliste dans le 15e arrondissement Marseille, des coups de feu ont retenti le week-end dernier. Un violent affrontement a éclaté entre deux groupes de Nigérians. Certains ont voulu se réfugier dans l’appartement de la mère de Nassra, au rez-de-chaussée, où se trouvaient ses petites sœurs et sa fille, terrorisées.

“Ils étaient en train de se battre devant la fenêtre de ma mère. Les petites ont eu peur et elles n’ont pas ouvert la porte. Alors ils ont mis des coups de machette dans les volets et ma famille s’est réfugiée dans la chambre”, raconte-t-elle à BFM Marseille.

“IL Y A UN PROBLÈME DE SQUAT GÉNÉRALISÉ SUR LE SECTEUR”

Pour se protéger, Nassra et sa famille ont quitté les lieux. C’est une voisine qui lui a annoncé dans la nuit que l’appartement de sa mère a été cambriolé avant d’être incendié: “On est choqués et tétanisés. Ça devient de plus en plus grave. Ils sont en train de faire partir tout le bâtiment, il y a au moins une vingtaine de familles qui sont parties. Ils ont vraiment peur”, assure Nassra.

Deux personnes ont été blessées dans les affrontements. Les CRS sont intervenus et sont restés en place toute la nuit de samedi. Les policiers n’ont quitté le parc Kalliste que mardi en fin d’après-midi.

UN QUARTIER LAISSÉ À L’ABANDON

Les habitants décrivent une situation invivable et l’insécurité quotidienne dans le quartier, gangrénée par les squatteurs. Depuis plusieurs d’années, le quartier et ses immeubles sont laissés à l’abandon, explique Eddy Sid, délégué Unité SGP police FO à Marseille:

“Il y a un problème de squat généralisé sur le secteur. Il y a des gens qui peuvent partir en vacances, quand ils reviennent, leur appartement est occupé par d’autres personnes. Cela amène des frictions entre les riverains et cette communauté d’Afrique de l’Ouest qui aujourd’hui ne vit que d’économie souterraine illégale”, assure le syndicaliste.

Cela fait maintenant une dizaine d’années que la situation dans le quartier est tendue, depuis qu’il est devenu le point de chute pour des réfugiés venant souvent du Nigéria.

BFM