« Endogamie », « déconnexion » : les désillusions d’une ancienne plume du candidat Macron

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Plume de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, Marie Tanguy a quitté l’aventure après quelques mois, victime d’un burn-out. Elle raconte ses désillusions dans un livre.

Ce n’est pas un livre sur Emmanuel Macron. Ce n’est pas non plus un règlement de compte avec le macronisme, quoi qu’il n’en ressorte pas grandi. En racontant des Confusions qui sont d’abord les siennes – elle ne fait pas mystère de ses fragilités psychologiques –, Marie Tanguy fait avant tout le récit d’une désillusion personnelle et d’un choc culturel.

En 2017, la femme de 33 ans a été l’une des plumes du candidat Macron. Au sein du « pôle idées », elle fut chargée d’écrire des discours dont « le candidat », ainsi qu’elle le désigne la plupart du temps, se servait à peine. Dans le bureau où s’élaborait le programme présidentiel, au quartier général parisien de la rue de l’Abbé-Groult, ses voisins s’appelaient « David » (Amiel), « Quentin » (Lafay) ou « Jean » (Pisani-Ferry), parmi bien d’autres prénoms qui peuplent ce récit et derrière lesquels on devine sans peine la garde rapprochée du futur président.

L’aventure, pour elle, a duré deux mois et demi : Marie Tanguy, victime d’un burn-out, a quitté le navire à quelques jours du premier tour. Un rythme de travail infernal auquel elle n’était pas préparée, l’avait épuisée.

L’auteure, qui se décrit comme une « petite provinciale instable » n’a jamais trouvé sa place parmi cette jeune élite techno, mêlant « (un) talent immense et (une) parfaite déconnexion des réalités vécues », capable de choisir et d’écarter des mesures « sans états d’âme apparents », et reconnaissant volontiers que son travail s’apparente davantage à du marketing qu’à de la politique. « En tout cas, je n’ai jamais autant entendu parler des classes moyennes que par ces gens qui venaient tous des plus riches arrondissements de Paris », ironise-t-elle.

Mais les portraits que dresse Marie Tanguy de ses anciens collègues ne sont pas qu’à charge. « J’ai éprouvé un attachement très grand pour tous ces gens », assure-t-elle, dans des pages teintées d’admiration pour leur assurance, leur capacité de travail, leur abnégation au service d’un candidat qui, lui, a vraiment déçu la jeune plume.

Désillusion politique

Venue de la gauche, elle a quitté un poste similaire à la CFDT pour rejoindre l’aventure de la campagne, persuadée de reconnaître chez Emmanuel Macron des accents rocardiens. « Au fil du temps, je compris que le candidat antisystème réservait ses attaques à la classe politique (…) mais qu’il n’avait pas l’intention de toucher aux privilèges de la classe économique dirigeante », critique-t-elle.

Elle l’a très peu vu, ce futur président, mais décrit un « homme transgressif devenu frileux », « soucieux de conserver son avance dans les sondages » et un peu trop enclin à « promettre à son audience ce qu’elle avait envie d’entendre ». Des anecdotes de coulisses parfois truculentes, sur l’élaboration de certaines mesures, les annonces surprises du candidat prenant ses équipes de court, ou le choix des déplacements, illustrent ces critiques qui semblent, du reste, applicables à bien d’autres politiques en période de campagne.

Avec le recul, Marie Tanguy en vient à penser que « l’homogénéité sociale qui régnait à En marche (…) était garante de l’efficacité de la campagne ». Ce qui ne l’empêche pas de prédire qu’après son insolent succès, cette « endogamie » mènera le mouvement « à sa perte ». Pour sa part, l’éphémère plume a quitté la politique sans un regard en arrière.

La Croix

2 Commentaires

  1. Chroniques d’une gauchiste névrosée (pléonasme).

    75 jours de boulot = burn-out. La CFDT ne l’avait pas préparé à un tel effort.

  2. « J’ai éprouvé un attachement très grand pour tous ces gens »

    Dis-toi bien que la réciproque est fausse, petite écervelée.

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