«Ensemble pour les libertés» : L’ex-députée LREM Martine Wonner, opposée au Pass sanitaire, veut créer son mouvement

Ce mouvement apolitique doit s’adresser « à tous ces citoyens français qui n’en peuvent plus » des mesures «liberticides » du projet de loi anti-Covid, a expliqué la députée alsacienne au palais Bourbon.

Elle avait été écartée de son groupe à l’Assemblée nationale après des propos appelant samedi les manifestants contre le pass sanitaire à « envahir » les permanences des parlementaires. La députée alsacienne Martine Wonner entend bien lancer son propre « mouvement apolitique et citoyen ».

La création officielle d’« Ensemble pour les libertés » est dans sa « dernière ligne droite », a déclaré l’élue du Bas-Rhin lors d’une conférence de presse au Palais Bourbon. Il s’adressera « à tous ces citoyens français qui n’en peuvent plus », a ajouté cette ex-membre du groupe Libertés et territoires exclue dimanche et antérieurement LREM.

« Je pense qu’une des premières choses qu’il faudrait faire serait dissoudre les partis politiques », a ajouté la députée désormais non-inscrite, et qui ne portait pas de masque, contrairement aux préconisations de la présidence de l’Assemblée.

Le #PasseSanitaire instaure une ségrégation entre les individus de ce pays”, affirme @MartineWonner. Elle assure que les malades non vaccinés ne pourront accéder à l’hôpital.
“C’est faux”, hurlent avec raison les députés en arrière-plan.#DirectAN #COVID19 #PJLSanitaire pic.twitter.com/m6rC5ah3oy— LCP (@LCP) July 21, 2021

« Les citoyens seraient enfin entendus » si les parlementaires « ne pensaient pas avant tout à leur ego et leur carrière », a-t-elle poursuivi, alors les députés commençaient l’examen du projet de loi étendant le pass sanitaire. Des manifestants s’étaient rassemblés devant le palais Bourbon pour marquer leur refus du projet.

Alors que l’Assemblée nationale se penche sur le pass sanitaire, une mini-manifestation se tient devant le palais Bourbon. pic.twitter.com/oENcZ4GXIH— Alex Sulzer (@Alexsulzer) July 21, 2021

Le passage en force est « anticonstitutionnel »

Martine Wonner est également revenue sur ses propos, exhortant les manifestants contre le pass sanitaire samedi à Paris à « faire le siège des parlementaires » et « envahir leurs permanences » pour exprimer leur désaccord. « J’assume mes mots », a déclaré la députée, tout en expliquant à nouveau qu’ils avaient été « sortis de leur contexte ».

Elle a ainsi expliqué qu’elle s’adressait, dans l’effervescence d’une manifestation, à des protestataires qui demandaient comment interpeller leurs élus. Dans un environnement plus calme, « je n’aurais peut-être pas utilisé comme ça » ces termes, a-t-elle dit, en ajoutant que « toute forme de violence est inadmissible ».

Ces propos, alors que des députés font état d’intimidations ou de menaces de mort de la part d’opposants au pass sanitaire, lui ont valu de nombreuses critiques et une demande de saisine de la justice de la part du patron des députés LREM Christophe Castaner.

L’élue, psychiatre de formation, a également réitéré ses attaques contre le pass sanitaire – « le pass de la honte » – et les mesures « liberticides » du projet de loi anti-Covid à l’examen à l’Assemblée et au Sénat. Le « passage en force » du gouvernement est un « process clairement anticonstitutionnel », a-t-elle estimé.

Le Parisien