Éragny-sur-Oise (95) : Aboulakh Anzorov, un “réfugié” tchétchène de 18 ans, décapite un enseignant, il est tué par la police (Màj : vidéos supplémentaires)

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Addendum du 17 octobre 2020

Le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard a fait un premier point sur l’enquête sur l’assassinat de Samuel Paty, décapité devant son collège des Yvelines.

Abdoullakh Anzorov a vu le jour en 2002 à Moscou. Il était d’origine tchétchène et vivait à Evreux, dans l’Eure. En France, « était porteur d’un titre de séjour délivré le 4 mars dernier et valable jusqu’en mars 2030 », et « il bénéficiait du statut de réfugié », a indiqué Jean-François Ricard. Son casier judiciaire était vierge, mais il était connu de la police pour « des affaires de dégradation de biens publics et de violences en réunion », a poursuivi le procureur. Les services de renseignement ne le connaissaient pas.

Il n’avait plus de liens avec Moscou depuis 2008, a relevé samedi l’ambassade de Russie, citée par les agences russes. « Ce crime n’a rien à voir avec la Russie, étant donné que cet individu vivait en France depuis 12 ans et avait été accueilli par la partie française », a dit Sergueï Parinov, un porte-parole de la représentation russe à Paris à l’agence Tass.

A Evreux, dans le quartier de la Madeleine, les voisins d’Abdoullakh Anzorov brossent le portrait d’un jeune homme « discret », « plongé dans la religion » depuis trois ans. C’était « un jeune sans souci », qui « a été scolarisé à Evreux jusqu’au lycée et qui ne présentait pas de signe avant-coureur de radicalisation », confirme un élu local. « Il n’y avait aucun souci avec cette famille ».

Il est bien l’auteur de la revendication sur Twitter

Selon les premiers témoignages, « l’auteur des faits se trouvait devant le collège durant l’après-midi, et avait sollicité des élèves afin de lui désigner la future victime », a indiqué Jean-François Ricard.

Il est aussi bien l’auteur de la revendication postée sur Twitter avec la photo du professeur d’histoire décapité. « Les investigations ont pu confirmer qu’il s’agissait bien d’un compte appartenant à l’auteur des faits », a déclaré Jean-François Ricard lors d’une conférence de presse. La première exploitation du téléphone de l’agresseur « a permis de retrouver dans le bloc-notes le texte de la revendication, enregistré à 12h17 ainsi que la photographie de la victime décédée horodatée à 16h57 », a-t-il ajouté.

Il a tenté de donner des coups de couteau aux policiers

Abdoullakh Anzorov a été abattu par des policiers alors qu’il « courait dans leur direction en tirant à cinq reprises avec une arme de poing », a expliqué le procureur. Selon son récit, trois policiers ont riposté, entraînant la chute de l’assaillant. « Alors qu’il tentait de se relever et de donner des coups de couteau aux policiers, il était neutralisé par les forces de l’ordre », a-t-il raconté, indiquant que son corps présentait «neuf impacts» de balle.

Les policiers ont retrouvé sur lui « un couteau de type poignard, une arme de poing de type Airsoft et cinq cartouches de gaz compatibles avec cette arme ». Par ailleurs, « un second couteau d’une longueur totale de 35 centimètres, ensanglanté, était découvert à une trentaine de mètres du lieu du crime », a indiqué Jean-François Ricard.

Qui sont les dix personnes en garde à vue ?

Parmi les neuf personnes actuellement en garde à vue figure le père d’une élève du professeur décapité, qui avait notamment appelé sur les réseaux sociaux à la mobilisation contre ce dernier et à son renvoi de l’établissement après un cours pendant lequel l’enseignant avait montré des caricatures de Mahomet.

« La demi-soeur de cet homme avait rejoint l’organisation Etat islamique en 2014 en Syrie et elle fait, à ce titre, l’objet d’un mandat de recherche par un juge d’instruction antiterroriste », a précisé Jean-François Ricard. Un militant islamiste très actif, Abdelhakim Sefrioui, fait partie des neuf personnes en garde à vue. Interpellé samedi à Evry avec sa compagne, Abdelhakim Sefrioui avait accompagné le père de l’élève début octobre au collège du Bois d’Aulne de Conflans-Saint-Honorine. Une 10e personne a été placée engarde à vue samedi soir.

A Montigny-les-Cormeilles, ville voisine de Conflans dans le Val-d’Oise, les enquêteurs ont cueilli en douceur le père de la fille élève en classe de 4e qui a diffusé la vidéo fustigeant le professeur décapité, ainsi qu’un ami qui se trouvait sur place au moment de l’intervention. Trois autres suspects, à propos desquels rien n’a filtré, ont été appréhendés en région parisienne.

Les neuf personnes déjà placées en garde à vue devaient être entendues à Levallois-Perret, au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (Dgsi) et de la Sous-direction antiterroriste (Sdat), saisies des investigations, avec l’appui de la PJ de Versailles. Dans le cadre de la procédure antiterroriste, les auditions de suspects peuvent durer jusqu’à 96 heures.

Déchainement de haine

Une source judiciaire confirme au Figaro que l’auteur de cet assassinat, Abadoullakh Abouyezidvitch Anzorov, 18 ans, est bien Tchétchène. […]

Le terroriste vivait donc à Évreux avec sa famille. Selon une source proche de l’enquête, «il était réfugié, avec une carte de séjour de dix ans délivrée il y a six mois environ». Il aurait réagi à la campagne sur les réseaux sociaux contre le professeur de Conflans. Très en colère, il en aurait parlé à des proches (famille, amis). Certaines des gardes à vue en cours visent à établir si ces personnes sont complices ou si elles n’ont pas réagi à ces propos ou n’ont pas compris.

Les enquêteurs se demandent également qui aurait éventuellement conduit l’assassin vendredi à Éragny depuis Évreux en voiture. Il semblerait bien que le tueur ait lui-même écrit le petit message sur Twitter où est diffusée une tête décapitée du professeur victime de cet acte barbare. […]

Le Figaro

Abdoulakh Anzorov était connu pour des antécédents de droit commun, mais disposait d’un casier vierge, et n’était pas connu pour sa radicalisation. Avant d’être abattu, il a crié «Allah Akbar». Il ferait partie d’une bande d’Éragny, parmi laquelle figurerait un islamiste fiché «S». […]

Dans le cadre de l’enquête cinq nouvelles personnes ont été interpellées dans la nuit de vendredi 16 à samedi 17 octobre, portant à neuf le nombre total de personnes en garde à vue, selon une source judiciaire. Parmi les cinq nouvelles personnes, figurent deux parents d’élève – un homme et son amie – du collège où travaillait la victime. Ces personnes avaient eu un différend avec l’enseignant sur les caricatures de Mahomet que l’enseignant avait montrées en classe. […]

Le Figaro

16 octobre 2020

La victime, Samuel Paty, était un professeur d’histoire du collège du Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine. L’homme avait montré, il y a quelques jours, des caricatures du prophète Mahomet durant un cours consacré à la liberté d’expression. L’assaillant a bien agi en représailles.

Addendum du 19 octobre 2020: raz le bol de jouer au chat et à la souris avec YouTube, l’intégrale ce coup-ci:

L’assaillant serait un jeune homme d’origine tchétchène âgé de 18 ans et non un Algérien né en 1972, comme annoncé dans un premier temps. Il était porteur d’un couteau, et un fusil a été retrouvé à ses côtés. Il aurait posté une vidéo macabre de la tête coupée avant d’être abattu. Actuellement, les enquêteurs de la police judiciaire effectuent les constatations sur les lieux. Auparavant, des démineurs avaient réalisé une levée de doute sur l’existence d’engin explosif sur le corps de l’assaillant.

L’agresseur, a revendiqué son acte sur Twitter, en diffusant la photo de la victime décédée. « A Macron, le dirigeant des infidèles, j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad », a-t-il écrit. Le compte concerné a été suspendu. L’assaillant serait connu des services de renseignement et fiché S.

Actu 17 & Le Parisien