Espagne : Des ecclésiastiques, des politiques et des militaires démissionnent après s’être fait vacciner contre le Covid alors qu’ils n’étaient pas prioritaires

Des passe-droits qui ne passent pas. Depuis quelques jours, plusieurs politiques et militaires de haut rang sont contraints de quitter leur poste en Espagne. La raison : avoir grillé la file de priorité pour se faire administrer le vaccin contre le Covid-19.

Le sujet crée la polémique de l’autre côté des Pyrénées. Il a même atteint des proportions insoupçonnées lorsque, samedi 23 janvier, le chef de l’état-major de l’armée espagnole, le général Miguel Ángel Villarroya, a démissionné après avoir ignoré le protocole de vaccination instauré par le gouvernement.

Des personnalités politiques, des généraux, des fonctionnaires de l’administration publique, des figures religieuses–et leur famille–passent devant les groupes prioritaires de la phase1 avec tout un éventail de prétextes, qui vont de ‘donner l’exemple’ à ‘ne pas gâcher les surplus au fond des flacons’.

Des sanctions plus lourdes à prévoir ?

En Espagne, la campagne de vaccination a débuté le 27 décembre. Pour le moment, elle concerne en priorité les personnels médicaux ainsi que les résidents des maisons de retraite. Environ 1,2 million de doses ont été administrées, selon les derniers pointages, dans un pays durement frappé par la troisième vague de coronavirus.767 nouveaux décès et 93.822 nouveaux cas ont été enregistrés en Espagne durant le week-end. La situation des hôpitaux a même été jugée “critique”, lundi, par Fernando Simón, l’épidémiologiste en chef du ministère de la Santé.

Face à la controverse, les fautifs peuvent-ils être sanctionnés plus lourdement, au-delà d’une simple démission ?

L’hypothèse est “très épineuse”

En effet, ni le Code pénal ni le droit administratif ne qualifient l’infraction qui consiste à enfreindre l’ordre de priorité vaccinale, pas plus qu’ils ne lui prévoient de sanction. La justice examinera toutes les plaintes qui seront déposées contre des responsables politiques ou publics ayant reçu indûment le vaccin, en passant avant les soignants qui travaillent en première ligne et les autres groupes prioritaires définis par les protocoles de vaccination.

Une première plainte a par exemple été déposée auprès du parquet de Murcie consécutive à la vaccination d’élus non prioritaires dans cette région du sud-est du pays.

Público

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