Espagne : Des gravures rupestres de bisons révèlent une culture paneuropéenne datant de 27.000 ans

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Des gravures de bisons découvertes dans une caverne espagnole témoignent de l’unité artistique de l’Europe à la période du paléolithique. Une découverte importante pour comprendre les échanges culturels entre les peuples européens, 27.000 ans avant l’ère commune.

Il y a 27 000 ans, les artistes du paléolithique avaient-ils déjà posé les bases du dialogue culturel intra-européen ? Une étude publiée cette semaine dans la revue Plos One démontre en tout cas l’existence d’une culture commune aux peuples du continent.

L’équipe de Diego Garate, docteur en préhistoire à l’université de Cantabrie (Espagne) a analysé les gravures trouvées en 2015 dans une grotte du Pays basque espagnol. Parmi elles, “un impressionnant bison gravé dans la pierre, avec des caractéristiques proches de celles des autres bisons découverts dans au moins 17 grottes dans différentes parties de la péninsule Ibérique et en Europe centrale”.

Une découverte “extraordinaire”, selon Manuel González Morales, chercheur à l’Institut international des recherches préhistoriques de Cantabrie. Car la zone où ont été retrouvés des bisons, chevaux et oiseaux gravés était considérée, jusque très récemment, comme une terre relativement pauvre pour l’archéologie.

Une sorte de mondialisation à l’échelle d’un continent

Le Pays basque “est une région très peu connue pour l’art pariétal par rapport aux régions voisines comme la Cantabrie, où se trouve la grotte d’Altamira ; ou les Pyrénées centrales, où se trouvent de nombreuses grottes ornées ; ou encore la Dordogne, en France, célèbre pour ses bisons et ses mammouths gravés”, raconte Diego Garate. Persuadé que la zone située au centre de ce triangle géographique recelait des cavernes exploitées par les hommes, le chercheur espagnol a sondé la région depuis 2011.

En neuf ans, il a mis au jour de nombreuses cavités, dont celle d’Aitzbitarte. Les dessins de bisons exhumés sur ce site prouvent que les populations de l’époque “échangeaient des idées, partageaient leurs modes d’expressions graphiques et avaient les mêmes thèmes d’inspiration”.

Diego Garate se félicite de cette découverte importante: “Ces bisons prouvent qu’il existait une sorte de première mondialisation des échanges à l’échelle d’un continent, de l’Europe centrale à la péninsule Ibérique. Une sorte de proto-Union européenne d’il y a 27.000 ans.

Les artistes du paléolithique répondaient-ils à des commandes ? Selon le spécialiste de l’art des sociétés du paléolithique, les œuvres retrouvées dans les cavernes d’Europe explorent un sujet commun, le monde animal, et à travers une forme identique, l’expressionnisme. “Les artistes n’essayaient pas de représenter la réalité telle qu’elle était mais en donnaient leur propre interprétation”, constate Diego Garate.

Le chercheur en conclut une chose étonnante, contraire aux préjugés qui entourent la période. La représentation du réel sans perspectives ni proportions ne serait pas liée à un manque de technique des peuples du paléolithique.

Selon Diego Garate, leur style commun correspond plutôt à des normes établies par la société de l’époque : “Nous avons le sentiment qu’il s’agissait d’un art contrôlé, soumis à des règles imposées. L’artiste était davantage un artisan, il ne pouvait pas faire ce qu’il voulait mais devait se plier à ce qu’on lui ordonnait de faire, c’était un art collectif, et non personnel.”

Reste à savoir ce que signifiaient ces milliers de gravures pour des civilisations lointaines dont les œuvres, 27 000 ans plus tard, ornent toujours les murs de nos cavernes.

El Pais

3 Commentaires

  1. Proto-union et mondialistes.
    Ils ont oublié de dire que les hommes des cavernes étaient aussi grogressistes, végans et Lgtb. Des pro-macroniens avant l’heure.

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