Espagne : inquiétante vague migratoire, des centaines d’Algériens débarquent en un week-end

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Les beaux jours de l’été révèlent la bien sombre situation en Algérie, avec le départ massif des jeunes haragas en direction des côtes espagnoles. En effet, selon la presse ibérique, notamment le quotidien La Verdad de Murciace ne sont pas moins de 454 migrants algériens qui ont débarqué à la communauté autonome de Carthagène, dans le sud du pays, la fin de la semaine dernière.

A l’heure arrivée, on en avait repéré 418 affirme la presse locale, mais 36 autres qui étaient partis dans la nature ont pu être retrouvés par les autorités policières. Des arrivées massives sources d’inquiétudes majeures pour les autorités locales, à cause de la prévalence du nouveau coronavirus parmi ces migrants clandestins.

En effet, plus de la moitié d’entre eux doivent être confinés au port d’Escombreras. Quatorze migrants sont en effet testés positifs et tous ceux qui étaient en contact avec eux dans les pateras doivent rester en observation pendant deux semaines.

La Verdad de Murcia affirme avoir recueilli des témoignages parmi les migrants qui font état de milliers de candidats, qui comme eux, vont tenter l’aventure dans les jours à venir. L’Espagne pourrait donc être confrontée à la plus importante arrivée massive de haragas venant d’Afrique du Nord depuis bien longtemps. Une crainte pour Carthagène et ses environs et un échec inavoué pour les autorités d’un des pays les plus dotés en ressources au monde.

Force est en effet de constater que cette vague d’immigration clandestine des Algériens vers les côtes espagnoles s’explique par la crise économique et financière sans précédent que traverse ce pays qui a gaspillé plus de 1.000 milliards de dollars de recettes pétrolières dans l’achat d’armes et l’enrichissement des oligarques et des caciques du régime, quand une petite part a également servi à acheter la paix sociale. 

Les autorités algériennes ont beau cacher la misère qui guette les populations, cette déferlante migratoire est révélatrice de l’absence de perspective pour une population jeune, mais rongée par le chômage et le manque de formation. 

Avant la crise du Hirak qui a débuté en février 2019 et le Covid-19, un an plus tard, le taux de chômage était officiellement de 13,15% en 2018, l’un des plus élevés de toute la région méditerranéenne. Et au niveau des jeunes, il atteignait la moitié des moins de 30 ans. Actuellement, il dépasse allègrement les 15% et s’approchera des 16% l’année prochaine. 

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Selon le Fonds monétaire international, l’Algérie devrait connaître une récession de 5,2% en 2020, à cause de la baisse des revenus du pétrole et aussi du Covid-19. Ce sera l’une des pires croissances négatives du continent africain. 

Cette crise se transforme en restriction en tous genres du fait de la pénurie de devises qui guette le pays et de la réticence des autorités à solliciter les bailleurs de fonds internationaux. En effet, les réserves de change, qui étaient officiellement de 62 milliards de dollars au début de l’année, n’ont pas pu être renouvelées et ne devraient pas dépasser une trentaine de milliards de dollars d’ici la fin de l’année, soit moins de 9 mois d’importations du pays. 

La crise économique s’est dépeinte dans la gestion catastrophique de la crise du Covid-19. Faute d’argent, le pays n’est pas en mesure d’importer les kits de test et le réactif nécessaires à la réalisation des dépistages de la pandémie. Cela a abouti à une explosion des cas.

M.le360

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