Espagne : « Je suis venu pour avoir un avenir », dans l’enclave de Ceuta, ville mirage des migrants

Mi-mai, 12. 000 Marocains sont arrivés en deux jours dans cette enclave espagnole située au nord de leur pays. La plupart de ces migrants sont des hommes jeunes, dont beaucoup de mineurs isolés. Ceux qui n’ont pas été expulsés errent dans la ville avec un même rêve  : rejoindre l’Europe.

La playa Nasser-Bourita n’a de plage que le nom. Rebaptisé ironiquement du patronyme du mi­nistre marocain des Affaires étrangères, cet enchevêtrement de gros blocs de béton jonché de canettes, de boîtes de conserve, de vêtements moisis et de mille autres déchets ramenés par les flots fait face au rocher de Gibraltar et, juste derrière, à l’Europe. Perchés sur le haut de la digue, Mohamed, 23 ans, et Samir, 18 ans, tuent le temps, cet après-midi de début juin, en regardant un match de foot sur un téléphone à l’écran fracassé. Depuis maintenant plus de deux semaines, ces jeunes hommes vivent cachés dans les interstices de ce labyrinthe qui sert de décharge aux habitants de Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain.

Sur les blocs de béton de la playa Nasser-Bourita, qui n’a de plage que le nom, Samir (à g.) et ses amis, tous deux prénommés Mohamed, attendent l’opportunité de traverser la mer pour gagner Gibraltar, en Europe. Roberta Valerio
Sur les blocs de béton de la playa Nasser-Bourita, qui n’a de plage que le nom, Samir (à g.) et ses amis, tous deux prénommés Mohamed, attendent l’opportunité de traverser la mer pour gagner Gibraltar, en Europe. 

« C’est ma chambre », raille Samir en se glissant dans un creux, sous un rocher. Au fond de ce trou sombre, au milieu des détritus, quelques vêtements froissés et des couvertures. « Je dors ici avec deux autres personnes. On est tranquilles, et ça nous protège un peu du froid », précise-t-il en darija, un arabe dialectal qu’il mâtine de rares mots d’espagnol. Originaire de Casablanca, la grande ville à 400 kilomètres au sud-ouest, ce lycéen à l’œil vif a entendu dire, le 17 mai dernier, sur les réseaux sociaux marocains, que la frontière avec Ceuta était ouverte.

Espagne : 6000 migrants en provenance du Maroc, une situation sans précédent

Le temps de venir de « Casa » par la route, Samir a escaladé le lendemain la barrière de 6 mètres de haut qui sépare l’Afrique de l’Europe. Gestes à l’appui, ce grand sportif en jogging noir et baskets raconte fièrement comment il l’a gravie avant d’en franchir le sommet à la force des bras. Le périple de Mohamed a été plus périlleux encore. Ce garçon fluet de 1,70 mètre, employé pour un salaire de misère dans un abattoir de volailles à Tétouan, à 40 kilomètres au sud, a tenté une première fois de rejoindre le territoire espagnol à la nage, en contournant la clôture par le large.

« Je n’ai pas réussi, alors j’ai fait demi-tour. J’étais mouillé, j’ai eu très froid une fois la nuit tombée. Je commençais à me sentir mal, et j’ai eu peur de mourir », relate-t-il, assis sur la planche de bois qui lui sert de lit, posée sur deux blocs gris. Le lendemain, pourtant, Mohamed se rejette à l’eau, et parvient cette fois à atteindre la plage El Tarajal, de l’autre côté de la frontière. Depuis, « sa vie est difficile », reconnaît-il. Pourtant, à l’instar de tous ses amis d’infortune, le réfugié n’envisage pas une seconde de retourner dans son pays. « Là-bas, il n’y a rien. Pas d’argent, pas de liberté, pas d’espoir. Je suis venu en Europe pour aider ma famille et avoir un avenir », dit-il dans un sourire triste.

Cette barrière de 8 kilomètres de long sur six mètres de haut sépare l’Espagne du Maroc. Certains parviennent à la franchir à la seule force de leurs bras.
Cette barrière de 8 kilomètres de long sur six mètres de haut sépare l’Espagne du Maroc. Certains parviennent à la franchir à la seule force de leurs bras.

Comme Mohamed et Samir, plus de 12 000 migrants sont arrivés les 17 et 18 mai, à Ceuta, dont 95 % de Marocains. Du jamais-vu sur ce confetti de 19 kilomètres carrés, vestige du passé colonial hispanique où vivent aujourd’hui 85 000 personnes. Les images montrant des centaines de ces candidats à l’exil dans la mer, certains utilisant des bouées gonflables ou des bouteilles en plastique en guise de radeau, ont fait le tour du monde.

Ismaël Aduayom était aux premières loges. « J’ai vu ma colocataire espagnole pétrifiée dire : On est envahis ! témoigne ce Français de 47 ans installé ici pour affaires depuis février dernier. Quand je suis sorti dans la rue, trois personnes sur quatre étaient des migrants. » Perdus dans les allées chics du centre historique, entre la statue monumentale d’Hercule et des boutiques fermées par crainte des pillages, quelques femmes, et une immense majorité d’hommes. Dont beaucoup de jeunes, voire de très jeunes. Selon Ismaël, « il y avait des centaines d’enfants, même des tout-petits de 3 ou 4 ans, pieds nus, qui pleuraient, sans personne pour s’occuper d’eux. C’est terrible et irresponsable de la part des autorités marocaines d’avoir laissé ces gens rentrer. »

« Des pions sur un échiquier politique morbide »

La cité autonome de Ceuta et sa cousine Melilla, située à 400 kilomètres à l’est, constituent les deux seules frontières terrestres entre le continent africain et l’Europe, ce qui leur vaut d’être confrontées à l’immigration illégale depuis plus de vingt ans. La tentative de plusieurs centaines de personnes venues d’Afrique subsaharienne pour franchir, en 2005, la clôture surmontée de barbelés à l’aide d’échelles de fortune est encore dans toutes les mémoires.

Rien de comparable cependant avec l’afflux soudain et massif de la mi-mai. Que s’est-il passé ? Tout indique que les forces de sécurité marocaines ont relâché volontairement les contrôles de leur côté de la barrière, en représailles à l’hospitalisation, en Espagne, de Brahim Ghali, le leader du Front Polisario, touché par le Covid-19.

Dans le cadre du conflit sur l’indépendance du Sahara occidental, ex-colonie espagnole, l’homme est qualifié par Rabat, qui revendique ce territoire, de « criminel de guerre ». « Le drame se joue sur fond de crise diplomatique entre les deux pays, précise Amnesty International. Nous dénonçons le fait que des personnes demandeuses d’asile ou migrantes soient utilisées comme des pions sur un échiquier politique morbide. »

Autre explication, plus profonde : le marasme social et économique qui touche le Maroc, en particulier la région du nord, depuis des mois. Fin 2019, le royaume chérifien a bouclé unilatéralement la frontière avec l’enclave voisine pour lutter contre la contrebande des produits non taxés qui y sont achetés, puis revendus côté marocain. Cette décision a plongé dans la précarité les habitants de Tétouan, Tanger et Fnideq. Ceux-là mêmes qui ont échoué par milliers sur les plages de Ceuta.

Si 9.000 migrants ont été expulsés, selon le ministère de l’Intérieur espagnol, plusieurs centaines errent encore dans les rues de la ville et les collines qui l’entourent. Reconnaissables à leurs joggings ou leurs shorts poussiéreux, ces fantômes aux traits tirés derrière leurs masques se cachent dans les digues, des campements de fortune, les parcs et même, pour quelques-uns, dans les canalisations des égouts.

Parmi eux, beaucoup de mineurs isolés. Pour les aider à retrouver leur famille, les autorités de la ville ont très vite mis en place un numéro de téléphone qui a reçu plus de 4 400 appels en vingt-quatre heures. Mais les choses ne sont pas si simples. D’une part, la loi interdit qu’un mineur soit renvoyé sans que sa situation soit évaluée avec soin. De l’autre, des parents marocains auraient encouragé leurs enfants à partir seuls. Résultat, ils sont aujourd’hui au moins 800 à Ceuta, la plupart accueillis dans des centres montés en urgence pour faire face à cette vague juvénile inédite.

Partis avec ce qu’ils avaient sur eux, ils manquent de tout

C’est l’un de ces centres qu’a fui Anes, 14 ans. Arrivé le 17 mai de Tanger, où il était vendeur de fruits et légumes dans le souk, ce grand échalas aux cheveux rasés sur les côtés a vite filé du hangar désaffecté qu’il partageait avec des dizaines d’autres ados, sous l’égide de la Croix-Rouge. « Je n’ai pas aimé quand ils m’ont mis le grand truc dans le nez pour le test du Covid-19. Et puis, j’avais peur qu’ils me renvoient au Maroc », détaille-t-il.

Depuis, Anes passe le plus clair de ses journées à traîner avec ses copains dans une station-service de la zone portuaire. Ils sont une petite dizaine en tout, âgés de 14 à 20 ans, à avoir pris leurs quartiers entre les pompes à essence et les aires de lavage. Il y a là, sous un soleil de plomb, Abdelkrim, le « chef » aux dents gâtées et au regard noir, voyou à la démarche altière qui, du haut de ses 15 ans, ne rêve que d’une chose, « aller en Allemagne pour y être mécanicien ». Mustapha, l’aîné, qui envisage sérieusement de franchir le détroit de Gibraltar à la nage pour gagner l’Espagne, une traversée de 15 kilomètres en haute mer à laquelle aucun migrant n’a jamais survécu.

Anes (au centre), 14 ans, et ses copains de galère ont trouvé refuge dans une station-service, près du port.
Anes (au centre), 14 ans, et ses copains de galère ont trouvé refuge dans une station-service, près du port.

Et aussi Mohamed, orphelin de 14 ans à peine sorti de l’enfance dont le chapeau blanc, la bonne bouille et l’apparente décontraction cachent mal les angoisses. « Il est loco, fou », disent ses copains quand celui-ci va s’isoler, le regard dans le vide. Tous ces gamins des rues ont l’air un peu hagard. Partis avec ce qu’ils avaient sur eux, ils manquent de tout : d’argent, de nourriture, de vêtements, et même de chaussettes qui permettent de garder un peu de chaleur quand les températures chutent la nuit. Pour gagner quelques euros, Abdelkrim et les autres se précipitent avec leurs chiffons dès qu’un automobiliste arrive à la station. L’accueil est plutôt bienveillant. « Ils font ce qu’ils peuvent, ce ne sont que des petits garçons », se désole Soshanna, une habitante de Ceuta qui attend que la petite bande ait fini de briquer sa Nissan Juke.

Tous ne sont pas aussi compréhensifs. Certains Espagnols regardent d’un mauvais œil ces groupes dépenaillés qui font la manche et traînent jusque tard dans la nuit. « Nous demandons (…) un renforcement de la police nationale et de la garde civile pour assurer la cohabitation et la sécurité des citoyens », a ainsi déclaré Pablo Casado, le leader de l’opposition de droite en Espagne, lors d’un déplacement dans l’enclave, le 3 juin. Devant une nuée de caméras et quelques supporteurs lançant des « vive le roi » sur la place de la Constitution, le dirigeant du Parti populaire a plaidé pour que les Marocains encore présents soient renvoyés dans leur pays, avec un traitement spécifique pour les mineurs.

Des habitants mobilisés

Retour à la station-service. Anes et Abdelkrim nous conduisent alors vers les murailles historiques, à quelques centaines de mètres de là. Après être descendus dans un petit parc au pied de l’office de tourisme et s’être assurés que personne ne les suivait, les deux adolescents efflanqués escaladent une grille de 2,5 mètres de haut. C’est là, sous le pont routier enjambant le fossé royal, un canal navigable, qu’ils dorment sur des cartons. Là aussi qu’ils fument du shit. Les plus égarés, eux, sniffent de la colle. Au même moment, un couple en maillot fend les eaux turquoise sur un jet-ski rutilant. Terrible contraste. Au-dessus, un grand panneau coloré vante pourtant Ceuta, la destination « où les émotions se rejoignent ».

Face au désarroi des nouveaux arrivants, beaucoup d’habitants se sont mobilisés, notamment parmi les 40 % de la population d’origine marocaine. Dès l’arrivée des premiers migrants, les femmes de l’association Al-Amal se sont ainsi mises aux fourneaux. Réunies dans leur local au cœur d’un quartier populaire, non loin du port, une demi-douzaine de bénévoles finissent en ce début de soirée de remplir des sacs plastique de sandwichs à la tortilla, de macaronis à la sauce tomate, de bananes et de bouteilles d’eau.

Les femmes de l’association Al-Amal se mobilisent pour préparer des repas aux migrants et leur distribuer des produits d’hygiène.
Les femmes de l’association Al-Amal se mobilisent pour préparer des repas aux migrants et leur distribuer des produits d’hygiène. 

Maria, une assistante d’éducation de 20 ans, est venue apporter son aide. « On leur donne aussi du shampoing, des brosses à dents et des masques anti-Covid-19. Certaines d’entre nous leur offrent un lit pour la nuit ou leur permettent de prendre une douche. Ils n’ont rien, ils ont peur, on doit les aider. » Quelques réfugiés viennent directement au local récupérer leur colis, tel ce môme aux baskets rouge et bleu à qui une maman voilée fourre d’autorité un blouson dans les bras.

Mais la plupart des 300 paniers-repas quotidiens sont distribués directement en voiture aux exilés. Ce soir, Habiba, lkram et Louisa prennent donc la direction de la route Loma Margarita, sur les hauteurs de la ville. À peine dissimulés par des buissons, une trentaine de jeunes gens ont installé un campement de misère sur une colline coincée entre un club de tennis et l’une des innombrables bases militaires de la cité.

Des démarches pour demander l’asile

Alors que ses compagnons descendent chercher à manger auprès des bénévoles, Younes nous fait faire le tour du propriétaire. Ça ne dure pas longtemps. « Là, on dort », dit cet Algérien francophone en désignant un alignement de matelas crasseux posés sous une bâche bleue. Du linge sèche sur un étendoir déglingué et quelques chaises hors d’usage ont été posées au milieu des cabanes de contreplaqué et des sacs-poubelle. « Et là, on se lave avec des bouteilles d’eau », poursuit l’ancien magasinier, grands yeux et casquette à l’envers, devant une serviette étendue entre deux arbustes qui sert de rideau de douche. À 27 ans, Younes fait figure de « vétéran de la migration ».

Originaire de Tizi Ouzou, en Kabylie, il a tenté une première fois, en 2017, de rentrer en Europe par la Turquie, puis par la Bulgarie. Attrapé par la police alors qu’il venait de pénétrer dans l’UE, il est renvoyé en avion à Alger. Le harraga, comme on appelle un migrant au Maghreb, part ensuite au Maroc, à Fnideq, à quelques kilomètres de Ceuta. « En deux ans, j’ai essayé trois fois de traverser par le grillage, sans succès. Finalement, le 17 mai, les militaires ont ouvert la clôture en disant Allez en Espagne ! J’ai suivi tout le monde, et j’ai réussi à passer. »

Ces jeunes migrants ont récupéré un panier-repas dans un véhicule en maraude de l’association Al-Amal, qui aide les démunis, et regagnent leur campement de fortune installé sur les hauteurs de la ville.
Ces jeunes migrants ont récupéré un panier-repas dans un véhicule en maraude de l’association Al-Amal, qui aide les démunis, et regagnent leur campement de fortune installé sur les hauteurs de la ville.

Les premiers jours, Younes s’est planqué pour ne pas être expulsé. Tandis que des dizaines de soldats anti-émeutes espagnols étaient déployés le long des plages et que les arrivants étaient refoulés à peine sortis de l’eau, il a fait profil bas. Puis le calme est revenu, et la pression policière s’est allégée. C’est alors que Younes a entamé les démarches afin de demander l’asile. Il a fait la queue avec des centaines d’autres au poste frontière d’El Tarajal. Alignés à touche-touche dès le matin, des cohortes de réfugiés font le pied de grue sous la surveillance de la loco.

Après parfois plusieurs heures d’attente, ils se font remettre par les agents de la préfecture un petit papier blanc, précieux sésame en vue d’une hypothétique régularisation. Il s’agit d’une convocation au commissariat pour donner ses empreintes, créer un dossier et, peut-être, obtenir une place au Centre de séjour temporaire (Ceti) de l’enclave. Problème, les rendez-vous sont fixés dans plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Abdelkrim veut tenter le franchissement du détroit de Gibraltar

Pour Younes, ce sera en octobre. Peu importe, le jeune homme est décidé à endurer la vie sur le campement, la pauvreté, les risques de vol ou d’agression, la possibilité d’un refus. « Ce que je souhaite, c’est avoir des papiers et travailler légalement, en Espagne ou en France », résume-t-il depuis la colline sur laquelle le drapeau noir et blanc de Ceuta, récupéré on ne sait où, est en berne.

Abdelkrim, lui, ne veut pas entendre parler de centre d’accueil, ni de demande de régularisation. Lorsqu’on le retrouve le lendemain, en début d’après-midi, l’ado aux petites bouclettes est de mauvaise humeur. Dans la nuit, il s’est glissé sous un camion en partance, via le ferry, pour Algésiras, porte d’entrée du continent européen. « Le chauffeur m’a vu et il m’a tapé dessus pour me faire descendre », peste l’ado en montrant ses mains et ses pieds éraflés.

Ceux qui s’apprêtent à tenter une traversée à la nage mettent leurs papiers à l’abri.
Ceux qui s’apprêtent à tenter une traversée à la nage mettent leurs papiers à l’abri. 

À l’instar de beaucoup d’exilés, Abdelkrim veut retenter le riski, déformation du mot espagnol arriesgado (« risqué »), qui désigne le franchissement du détroit pour rallier ce qu’ils imaginent être un eldorado. Ils sont nombreux à essayer, pour un résultat incertain. Certains n’hésitent pas à escalader les hautes grilles de la zone portuaire et à se dissimuler dans les camions poubelles qui ramènent les déchets de l’enclave sur la péninsule Ibérique. On parle aussi de périple en jet-ski, ou avec des bouées. Combien sont-ils à avoir réussi le riski ? Impossible à savoir, mais les récits de traversée victorieuse donnent du courage aux autres. Sur la colline, Younes le jure : trois des habitants du campement sont partis une nuit en kayak et ont atteint l’autre rive.

Samir, le fan de foot de la playa Nasser-Bourita est, lui aussi, prêt à tout pour rejoindre la péninsule. Il y a quelques jours, il a voulu grimper à bord d’un ferry en se hissant par les cordages, mais l’important dispositif policier l’en a dissuadé. « Dès que je peux, je retente », assure-t-il en regardant de l’autre côté de la mer. À demi effacées par une brume de chaleur blanche, les côtes espagnoles apparaissent plus que jamais comme un mirage.

Le Parisien