Espagne : Le gouvernement veut repeupler les régions en déficit démographique avec des migrants

Le gouvernement verrait d’un très bon œil l’idée de repeupler l'”Espagne vide” avec des migrants, en réponse aux propositions de la région de Castilla y León et de plusieurs municipalités. Le ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, José Luis Escrivá, a déclaré le 28 juin qu’il s’agit d’une idée qu’il a “en tête” et a montré sa volonté de “travailler dans les prochains mois” pour l’analyser.

Dans un petit déjeuner informatif du Forum de la Nouvelle Économie, Escrivá a expliqué que son département a consigné dans le plan de récupération “une quantité significative du fonds en migrations pour pouvoir développer des centres propres de l’Administration Générale de l’État en travaillant avec des ONG, que plus tard ils affectent dans cette distribution des immigrants par tout le territoire en tenant compte de la situation de l’Espagne vidée“.

Même s’il est conscient de l’importance de la migration pour compenser la croissance végétative négative qu’a connue l’Aragon ces dernières années, l’exécutif régional estime qu’elle doit être “un levier de plus sur lequel nous devons nous appuyer pour progresser vers l’équilibre démographique“. Le commissaire du gouvernement d’Aragon pour la lutte contre la dépopulation, Javier Allué, reconnaît que si la migration sert à corriger les déséquilibres ne le faire qu’avec cette mesure “est beaucoup à dire”.

Il explique, en ce sens, que cela nécessite la combinaison de mesures, telles que celles appliquées par l’exécutif régional, et qui passent par le maintien des services publics dans l’Espagne rurale, la génération d’opportunités et un engagement dans des secteurs stratégiques qui peuvent contribuer à la stabilité. Il s’agit, en somme, “d’un ensemble de mesures qui doivent être appliquées” et qui présentent une “volonté de travailler au rééquilibrage“.

Allué pense qu’il y a beaucoup de migrations qui donnent la vie au peuple. “S’ils viennent, c’est bien, mais nous devons donner des opportunités aux autres“, réitère-t-il. Et il insiste sur le fait que, pour cette raison, “nous devons garantir une couverture sociale pour tous”.

Au-delà des propositions visant à repeupler les territoires avec des migrants, la Communauté demande que le zonage et la clarification de ce à quoi l’administration fait référence lorsqu’elle parle de dépeuplement. Et en ce sens, il insiste sur la nécessité de définir les critères généraux d’évaluation. Dans les allégations relatives à la distribution des aides contre le dépeuplement, M. Allué et le directeur général de l’aménagement du territoire, José Manuel Salvador, critiquent le fait que les localités de moins de 5.000 habitants sont éligibles aux subventions.

Cette proposition nous semble peu adaptée à la réalité des zones rurales. Depuis le gouvernement d’Aragon, nous pensons qu’il est nécessaire de se lancer dans un zonage qui mise sur une discrimination positive envers les municipalités les plus en difficulté“. Ils proposent d’inclure dans l’évaluation “des critères territoriaux et démographiques, tels que le nombre d’habitants des communes, leur densité de population, l’évolution de la démographie au cours des dernières années ou le taux de vieillissement”.

Dans le même ordre d’idées, Luis Zubieta, président de la Fédération aragonaise des municipalités, des comtés et des provinces (Famcp), a rappelé que la migration n’est pas la “principale solution“, même s’il a reconnu que ces dernières années, certains villages ont réussi à conserver leur population grâce à elle : “Ils viennent à la recherche d’opportunités, comme le reste de la société. Il s’agit donc de créer ces opportunités, de maintenir la qualité de vie dans les municipalités et de les rendre attractives.”

L’année dernière, l’Aragon a réussi – pour la troisième année consécutive – à augmenter sa population. Bien que le solde des naissances et des décès ait à nouveau donné un solde négatif de 7.638, l’arrivée de 6.385 personnes de l’étranger et de 2.256 autres du reste du pays, a compensé.

Europa Press