Espagne : Le maire de Cáceres veut construire la plus grande statue de Bouddha au monde

Une statue de 40 mètres pourrait trôner prochainement au milieu de ce que les promoteurs annoncent comme le plus grand complexe bouddhiste d’Europe. Le projet, porté par le maire de la ville de Cáceres dans la province d’Estrémadure, est évalué à 25 millions d’euros.

Une statue géante du Bouddha assis, haute de 40 mètres. Le projet ne concerne pourtant pas l’Inde, le Népal, la Chine ou un autre pays asiatique à la culture bouddhiste bien ancrée. “Pour le moment, l’esquisse de la statue est à peine couchée sur le plan, mais elle devrait se situer dans les environs de Cáceres”, en Espagne.

Le projet est porté par Luis Salaya, maire de cette ville de près de 100.000 habitants située dans la province d’Estrémadure, dans l’ouest de l’Espagne. L’élu socialiste souhaite faire de sa ville “une étape obligatoire du circuit spirituel mondial”.

Un projet à 25 millions d’euros

La statue du Bouddha, qui deviendrait la plus haute d’Europe, constituerait l’attraction principale de ce que les porteurs du projet présentent comme “le plus grand complexe bouddhiste d’Europe”. Le site devrait inclure un monastère, une résidence pour 20 moines, des boutiques d’artisanat, une bibliothèque et des jardins orientaux. Si cette construction est évaluée à 25 millions d’euros, Luis Salaya affirme qu’elle ne coûtera pas un euro à la communauté. Elle sera portée par la fondation espagnole Lumbini Garden, du nom du lieu de naissance du Bouddha au Népal. La structure repose sur des financements privés d’organisations religieuses, d’États asiatiques et de donateurs.

Dynamiser le tourisme

Le projet vise aussi à dynamiser le secteur touristique de la ville. Le maire de la localité assure que cela va attirer des dizaines de milliers de touristes par an. Selon Luis Salaya, le complexe représente une formidable opportunité de développement économique : “Ce projet représente un bond en avant d’ampleur internationale notamment parce qu’il implique des relations directes avec le marché asiatique.”

L’idée rencontre toutefois un certain scepticisme parmi les locaux : la pertinence de construire le plus grand temple bouddhiste d’Europe dans une ville située en plein cœur de la péninsule ibérique interroge. Le maire balaie ces doutes et met en avant le caractère multiculturel de Cáceres : “Nous sommes plus qu’une capitale de province de l’intérieur. Nous sommes à mi-chemin entre Lisbonne et Madrid. Et nous sommes surtout une ville de tradition multiculturelle.”

Ville multiculturelle

Cáceres est déjà inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Durant des siècles, communautés musulmanes, chrétiennes et juives s’y sont côtoyées. Ce brassage se retrouve dans l’urbanisme de la ville, mêlant notamment architecture gothique et mauresque. Le complexe bouddhiste ne ferait “qu’ajouter une culture de plus : le bouddhisme”, pour reprendre les mots de la fondation Lumbini Garden. Le projet n’en est qu’à ses débuts. L’accord de jumelage entre Cáceres et la ville de Lumbini, signé le 8 avril, représente la première étape du processus. “L’accord sera ensuite soumis au conseil municipal, condition indispensable pour commencer l’édification du temple”.

El Confidencial