Espagne : “Les Canaries sont la prison de l’Europe pour les migrants” (MàJ)

Espagne : aux îles Canaries, des migrants toujours dans l’impasse

En 2020, plus de 23 000 migrants partis des côtes africaines sont arrivés aux îles Canaries, un archipel espagnol. Mais certains sont toujours bloqués sur place, dans des conditions parfois difficiles. Notre rédaction a été alertée mi-avril par des migrants se trouvant dans un centre de quarantaine sur l’île de Fuerteventura.


30/04/2021

Le port de Tenerife dans les îles Canaries est un carrefour du transport touristique qui est aussi devenu un point de passage pour un autre type de voyageurs. Toutes les nuits, des équipes de police et de sécurité sont sur le qui-vive, à la recherche de migrants qui tentent de se glisser dans des camions prêts à partir pour le continent. Ce soir-là comme chaque nuit, des dizaines hommes sont trouvés dans les containers.

“On essaie d’assurer la sécurité de tous les opérateurs et avant tout des migrants,” précise Juan Ignacio Liaño, directeur de flotte de Fred. Olsen Express. “Leur destination finale est l’Europe, ils feront tout pour quitter les îles, même au péril de leur vie,” dit-il. Alors que quelques-uns parviennent à partir malgré les contrôles, les autres sont refoulés en se promettant d’essayer de nouveau le lendemain.

La plupart sont renvoyés dans les hauteurs de l’île où se trouve le plus grand centre d’accueil des migrants de l’archipel espagnol dont l’accès est interdit aux médias. Devant le portail du centre, l’ambiance est sombre. Un camp de fortune a été installé. Un symbole, précise Roberto Mesa, membre d’un groupe d’habitants de Tenerife qui viennent en aide à ceux qui dit-il, manquent de tout.

“Ils voulaient protester contre les conditions à l’intérieur qui sont très mauvaises,” indique-t-il. “Ils sont aux îles Canaries depuis des mois et personne ne leur a dit ce qu’il allait leur arriver, certains ont des passeports, ont fait une demande d’asile ou ont une lettre d’invitation de membres de leur famille qui peuvent les héberger, mais même avec ça, ils ne les laissent pas voyager, ils ont transformé les îles Canaries en prison de l’Europe,” dénonce-t-il.