Et au milieu coule une frontière : le seul cimetière au monde à cheval sur deux pays est juif

Veyrier côté Suisse, Étrembières côté France. Et au milieu : le cimetière israélite !
Un lieu de mémoire et de patrimoine, dont la visite vaut le détour.

« Attention, vous marchez sur la frontière, vous avez votre passeport ? », sourit Jean Plançon, gardien du cimetière israélite de Veyrier. La ligne est en effet matérialisée par une petite borne, discrète, au milieu des sépultures.
 

DE L’HISTOIRE ANCIENNE

Pour comprendre cette singularité, retour en 1920. À cette époque, le cimetière juif de Carouge arrive à saturation. Et les lois sur la laïcité empêchent la construction de cimetières privés confessionnels : pas d’extension possible en Suisse. C’est en France que la communauté juive trouve une solution. Aujourd’hui, 70 % de la surface du cimetière se trouve sur le sol français.
 

L’ARCHITECTE DU PALAIS DES NATIONS

Le cimetière israélite : Un lieu de mémoire et de patrimoine ! Le centre funéraire, construit en 1930 côté helvétique, est imaginé par Julien Flegenheimer, architecte de la gare Cornavin et du Palais des Nations, à Genève. Son oratoire reçoit plus tard un sublime vitrail. Puis on ajoutera des pierres de Jérusalem à la façade. 
Ce site qui va jouer un rôle dans l’histoire du 20e siècle, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale. Bien des juifs passeront en Suisse après s’être cachés dans l’oratoire.

« Passionné d’histoire, ce site me fascine. Et j’aime le faire partager ! », témoigne Jean Plançon. Le gardien guide régulièrement les visiteurs qui souhaitent découvrir ce lieu, hors des sentiers battus.

RCF

Parmi les personnalités juives enterrées dans ce cimetière, citons l’écrivain suisse Albert Cohen, le roi du cigare suisse Zino Davidoff, le syndicaliste et essayiste canadien Charles Levinson, le journaliste tchèque Stefan Lux, le banquier libanais naturalisé monégasque Edmond Safra, le banquier français Édouard Stern ou l’avocat et philosophe allemand Gerhart Riegner.

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