États-Unis : Deux statues d’anciens présidents déboulonnées à Portland, Trump qualifie les manifestants d’« animaux »

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Le président Donald Trump a appelé, lundi 12 octobre, à mettre en prison les « animaux » responsables d’avoir déboulonné la veille deux statues d’anciens présidents américains à Portland, ville du Nord-Ouest des Etats-Unis secouée par des manifestations quasi quotidiennes depuis la fin du mois mai.

« Mettez ces animaux en prison tout de suite. La Gauche Radicale ne sait rien faire d’autre que de profiter de la “gestion politique” des idiots. C’est ça Biden ! », a écrit Donald Trump sur Twitter, dans une bordée de messages réagissant aux troubles survenus dimanche soir à Portland, dans l’Oregon. La ville et l’État sont tous deux dirigés par ses adversaires démocrates.

Un groupe, estimé à environ 300 personnes par la police, s’était rassemblé dans le centre de Portland à la veille du « Columbus Day », qui commémore la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Beaucoup d’Etats et de villes du pays ont toutefois rebaptisé cette journée « jour des peuples autochtones », en raison des idées croissantes selon lesquelles Christophe Colomb a inauguré l’ère de la colonisation et des violences racistes.

« Dakota 38 »

Les manifestants, pour la plupart vêtus de noir, masqués et casqués, ont commencé par mettre à bas une statue du président Theodore Roosevelt (1858-1919) à l’aide d’un véhicule, avant de déboulonner celle du président Abraham Lincoln (1809-1865), inscrivant à sa base « Dakota 38 ».

Il s’agit d’une référence à la pendaison de trente-huit Indiens dakota, en 1862 – la plus large exécution collective de l’histoire des États-Unis, pour laquelle M. Lincoln, qui en avait signé l’autorisation, a été critiqué. Les deux statues ont été recouvertes de peinture et la société historique de Portland, située à proximité, a également été vandalisée.

« Ce groupe avait l’intention de commettre des actes criminels violents et de semer le désordre », a déclaré lundi le chef de la police de Portland, Chuck Lovell, selon lequel trois personnes ont été arrêtées. Le rassemblement, où se trouvaient des « individus armés », avait été présenté par les organisateurs comme « une journée de rage », a ajouté M. Lovell. Le maire de Portland, Ted Wheeler, a quant à lui qualifié ces actes de vandalisme « d’obscènes », considérant qu’ils allaient « à l’encontre des valeurs de cette ville ».

Dans la foulée des manifestations provoquées dans tous les États-Unis par la mort de George Floyd, quadragénaire noir asphyxié sous le genou d’un policier blanc à Minneapolis fin mai, de nombreuses statues représentant des figures historiques associées à l’esclavage avaient été déboulonnées dans le pays.

Le Monde