États-Unis : Émeutes après la mort d’un jeune noir dans une fusillade avec la police près de Minneapolis

La police de Brooklyn Center a fait dimanche usage de gaz lacrymogène pour disperser une foule de manifestants révoltés après qu’un policier a mortellement touché par balle un homme noir dans cette ville située à une quinzaine de kilomètres de Minneapolis, où George Floyd avait été tué en mai dernier.

Des manifestations ont éclaté, dimanche 11 avril dans la soirée, dans un quartier de Minneapolis, ville américaine où se déroule le procès d’un policier accusé du meurtre de George Floyd, après la mort d’un jeune homme noir à la suite d’une fusillade impliquant la police. La mère de Daunte Wright, un jeune afro-américain âgé de 20 ans, a expliqué à la foule que son fils l’avait appelé pour la prévenir qu’il était emmené par la police, ont rapporté les médias.

Katie Wright a ensuite raconté avoir entendu des officiers de police demander à son fils de lâcher son téléphone et l’un d’entre eux a mis fin à l’appel. Peu après, la petite amie de Daunte Wright l’a appelée pour lui dire que son fils avait été abattu.

Le bureau des affaires criminelles du Minnesota a confirmé qu’il enquêtait sur l’implication d’un officier de police dans une fusillade à Brookling Center, au nord-ouest de Minneapolis, sans toutefois révéler l’identité de la victime.

Selon un communiqué du centre de police de Brooklyn Center, des policiers ont arrêté le conducteur d’une voiture pour une infraction au code de la route. Ils se sont alors aperçus qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt et ont alors tenté de l’interpeller.

Mais il est remonté dans sa voiture et un officier de police a fait usage de son arme, touchant le conducteur, qui est mort sur place, selon cette source. La passagère du véhicule a été blessée, sans que sa vie soit en danger, et transportée à l’hôpital, a encore indiqué ce communiqué ne précisant pas non plus l’identité de la femme.

Tirs de grenades assourdissantes et lacrymogènes

Quelque 200 personnes se sont alors rassemblées à Brooklyn Center dimanche soir, faisant face à des policiers en tenues anti-émeute. Selon le journal Star Tribune, la foule a brisé les pare-brises de deux véhicules de police et celle-ci “a fait usage d’armes non létales pour les disperser”.

Au bout d’une heure, les policiers ont réduit leur présence et la foule a allumé des bougies et écrit des messages à la craie sur le trottoir réclamant “justice pour Daunte Wright”. Le maire de Brooklyn Center a déploré sur Twitter cet incident “tragique” et appelé les manifestants à rester “pacifiques” pour éviter tout nouvel usage de la force.

Mais de nouveaux incidents ont éclaté quand plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant le quartier-général de la police de Brooklyn Center. La police a alors tiré des grenades assourdissantes et lacrymogènes pour disperser la foule.

Cet incident a eu lieu alors que se déroule à Minneapolis le procès de Derek Chauvin, un policier accusé du meurtre de George Floyd, un Afro-Américain mort en mai dernier dans cette ville après avoir été immobilisé pendant de longues minutes sous le genou de ce policier. Sa mort avait déclenché des mois de manifestations et d’émeutes dans tout le pays dénonçant le racisme et la brutalité policière.