Etats-Unis : « Karen » ou le racisme ordinaire

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Devenu un substantif, ce prénom désigne l’archétype de la ménagère blanche sûre de son bon droit et ouvertement raciste. Depuis la mort de George Floyd, leurs comportements à l’égard des personnes afro-américaines sont largement dénoncés.

Il n’y a pas si longtemps, une « Karen » se singularisait dans les commerces américains par sa propension à « faire appeler le directeur » pour exiger un droit réel ou supposé, se plaindre d’une mauvaise manière, souvent imaginaire, quitte, au passage, à faire honte à ses enfants.

Une caricature de ménagère de plus de 40 ans, sûre de son bon droit, prête à user de son « privilège » de femme blanche en toutes circonstances. Un zeste de racisme accompagnait parfois les emportements des « Karen ».

Ce dernier travers est apparu dans toute sa crudité après la mort de George Floyd, le 25 mai dernier, et les manifestations antiracistes qui agitent les Etats-Unis depuis. De multiples vidéos documentent la rage de ces Américaines s’en prenant à des familles, des adultes ou des enfants noirs dans des situations parfaitement normales de leur vie quotidienne.

Un mari surnommé « Ken »

Ici, une femme appelant la police pour dénoncer un barbecue organisé par des Afro-Américains dans un parc d’Oakland. Là, une autre saisissant son téléphone pour se plaindre de la brocante organisée dans le jardin d’une famille noire. Une autre vidéo montre une femme effaçant consciencieusement du trottoir le dessin à la craie d’une fillette en pleurs.

Plus inquiétant, début juillet dans le Michigan, une banale altercation sur un parking a amené une trentenaire blanche à pointer son arme sur une mère de famille noire. Les « Karen » ont parfois un mari, surnommé « Ken », à l’image de ce couple lourdement armé « protégeant » sa propriété d’une foule se dirigeant vers la mairie de Saint-Louis (Missouri).

Le Monde

7 Commentaires

  1. Bientôt chez nous.
    Enfin chez nous les bobos brandiront nerveusement des nounours et des bougies en arborant fièrement un T-shirt du Che le boucher pour ado.
    Quand aux plus lucides d’entre nous, nous aurons autre chose de moins Charlie compatible.

  2. une foule se dirigeant vers la mairie de Saint-Louis“.

    Une foule déambulant dans une propriété privée, c’est juste un peu pas pareil l’immonde, pas du tout pareil.
    Si une manif passait dans tes bureaux pour se faire un raccourcis pour aller à la gare, t’en dirais quoi ?

    • Et encore j’ai caviardé, Le Monde parlait de “foule pacifique” même si les images attestent du contraire (grille d’accès à la résidence privée défoncée, manifestants agressifs…).

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