États-Unis : La blanchisseuse devenue première femme d’affaires noire et première Afro-Américaine milliardaire, en 1905

Quel incroyable destin que celui de la petite Sarah Breedlove: c’est le rêve américain à l’œuvre! Elle ne travaillera pas dans la plantation de coton de Robert W. Burney, située dans la paroisse de Madison, comme l’avait fait jusqu’à présent toute sa famille, ainsi que la grande majorité des Noirs vivant en Louisiane à cette époque. Grâce à l’émancipation des Noirs et à l’abolition de l’esclavage proclamées respectivement en 1863 et 1865, Sarah Breedlove est la première de sa famille à naître libre.

Pourtant, la liberté aura quelques rudesses envers la petite Sarah. Alors qu’elle a à peine atteint l’âge de raison, ses parents succombent à une épidémie de fièvre jaune, et la voilà orpheline à 7 ans, obligée de devenir domestique à Saint-Louis, puis blanchisseuse à Denver. C’est là qu’elle s’aperçoit que les produits chimiques détériorent diablement sa peau, ce qui lui donne une drôle d’idée… Mais cette drôle d’idée est bien plus que ça: elle marque un virage radical dans sa destinée. Car, grâce à elle, Sarah Breedlove deviendra milliardaire et la première femme afro-américaine à l’être. Quelle idée? Fabriquer sa propre ligne de produits cosmétiques et capillaires.

La start-up la plus en vue de l’époque

En 1905, elle crée une entreprise, qu’elle baptise «Madam C.J. Walker», du nom du journaliste qu’elle épouse l’année suivante. Oh, ses débuts sont comme tous les débuts! Elle commence par le bas de l’échelle, à savoir le porte-à-porte pour vendre ses produits… Puis elle lance un service de vente par correspondance, tout en dispensant aux Afro-Américaines des cours qui leur permettent non seulement d’utiliser au mieux ces produits, mais également de devenir des professionnelles en soins capillaires.

Le résultat ne se fait pas attendre: son «Madam C.J. Walker’s Wonderful Hair Grower» fait un tabac, et s’ouvrent dans la foulée boutiques et manufactures à Pittsburgh, à Indianapolis et dans le quartier de Harlem, à New York, où des milliers de femmes travailleront pour la start-up la plus en vue de l’époque! En même temps, Sarah Walker exhorte les femmes à se familiariser avec le fonctionnement des affaires et à acquérir les compétences économiques nécessaires à leur émancipation.

Les États-Unis lui rendront hommage en 1933 en l’intronisant au National Women’s Hall of Fame, à Seneca Falls, dans l’État de New York, là où s’était tenue la première convention des droits des femmes, en 1848. On vous le disait: le rêve américain en noir et blanc et couleur!

Slate