États-Unis : Le chef d’état-major américain défend « la théorie critique de la race »

Au cœur de leurs vifs échanges, largement repris sur les réseaux sociaux : « la théorie critique de la race ». Ce terme définit un courant de pensée apparu dans les facultés de droit américaines à la fin des années 1970 pour analyser le racisme comme un système, avec ses lois et ses logiques de pouvoir, plutôt qu’au niveau des préjugés individuels.  

Mais il est récemment devenu pour ses détracteurs républicains une formule attrape-tout, désignant tous les efforts pour aborder, dans les écoles et les institutions, les épisodes sombres de l’histoire américaine dont l’esclavage et la ségrégation.

Deux élus républicains de la Chambre des représentants, dont le jeune trumpiste Matt Gaetz, ont profité d’une audition parlementaire pour interroger le chef du Pentagone Lloyd Austin et son chef d’état-major sur des cours qui évoquent cette théorie dans les académies militaires.  

Je « trouve personnellement insultant que l’on accuse l’armée américaine, nos officiers supérieurs, nos officiers et sous-officiers, d’être woke » – un terme en vogue désignant la prise de conscience des injustices notamment liées à la couleur de peau, et utilisé avec dédain par certains conservateurs – « parce qu’on étudie des théories qui existent », qui « sont nées à Harvard il y a des années », a lancé le général Mark Milley, pendant que Matt Gaetz secouait la tête d’un air irrité.

Je pense véritablement qu’il est important pour ceux d’entre nous qui portons l’uniforme d’être ouverts d’esprit et profondément instruits,

« Et l’académie militaire américaine est une université, il est important que nous formions et que nous comprenions. Et moi je veux comprendre la “colère des Blancs”, même si je suis Blanc », a-t-il poursuivi en évoquant l’assaut du Capitole le 6 janvier par des manifestants pro-Donald Trump.  

« J’ai lu Mao Tsé-toung. J’ai lu Karl Mark. J’ai lu Lénine. Et cela ne fait pas de moi un communiste. Alors qu’il y a-t-il de mal à comprendre […] le pays que nous sommes ici pour défendre », a-t-il ajouté, vêtu de son uniforme. À ses côtés, Lloyd Austin, premier chef afro-américain du Pentagone, a jugé « fallacieuses » les questions des républicains sur ce sujet.  

La Presse