États-Unis : Le roi de la musique country accusé de racisme est suspendu par sa maison de disques et banni des ondes (Màj : Effet positif sur ses ventes qui explosent)

Morgan Wallen est une super star de la musique country. Son titre Wasted on You, par exemple, a été écouté plus de 23 millions de fois sur Spotify, et son dernier album était numéro un du classement Billboard 200 aux États-Unis ces trois dernières semaines. Mais Morgan Wallen utilise aussi visiblement le mot « nègre » quand il jure.

Hausse de 339 % de ses ventes

Cette insulte raciste a eu des conséquences professionnelles immédiates pour lui, puisque le chanteur de 27 ans a été suspendu « pour une durée indéterminée » par sa maison de disques et banni des ondes par des centaines de radios américaines, rapporte Variety. Apple Music l’a aussi retiré de sa page d’accueil et Spotify de sa playlist des meilleures chansons country. La diffusion de ses morceaux a ainsi chuté de 70 % entre le 2 et le 3 février, au lendemain de ces révélations, rapporte Billboard. Mais cette déroute professionnelle a eu paradoxalement un effet positif sur ses ventes, qui ont bondi dans le même temps de 339 %.

20 Minutes

________________

Superstar d’un genre musical majoritairement blanc, le chanteur Morgan Wallen a été suspendu par son label et banni par de nombreuses radios après avoir été filmé proférant des insultes racistes. Pour la presse américaine, l’affaire survient au moment où le milieu de la country s’interroge sur sa responsabilité dans l’effacement de l’apport des artistes noirs.

“Morgan Wallen, la star la plus en vue du monde musical en 2021, a tout à coup disparu des radars”. Superstar de la country, le chanteur de 27 ans a été suspendu “pour une durée indéterminée” par sa maison de disques et banni des ondes par des centaines de radios américaines mercredi 3 février, après avoir été filmé en train d’utiliser une expression raciste.

Apple Music l’a retiré de sa page d’accueil et Spotify de sa playlist des meilleures chansons country, ajoute le magazine américain. La chaîne de télévision spécialisée dans la country CMT et la Country Music Association ont cessé de diffuser sa musique, et l’Académie de musique country a déclaré que Wallen ne serait pas éligible à sa prochaine remise de prix.

Cette mise au pilori est survenue après la publication par le site TMZ, mardi 2 février, d’une vidéo montrant Wallen rentrant chez lui avec des amis le week-end précédent. “Un voisin, apparemment agacé par le bruit, a commencé à filmer la scène et a surpris Wallen en train de proférer des insultes racistes”.

Une industrie connue pour “mettre les problèmes sous le tapis”

Wallen, dont le dernier album était numéro un du classement Billboard 200 aux États-Unis ces trois dernières semaines, a rapidement présenté ses excuses, expliquant avoir employé un langage “inacceptable et inapproprié”. Le retrait de sa musique des radios américaines – qui sont “le moyen le plus sûr de devenir une star de la musique country” – est “sans précédent”.

La réaction de cette industrie musicale est d’autant plus surprenante que la country reste un genre “majoritairement blanc”, connupour “mettre ce type de problème sous le tapis”. En d’autres temps, les excuses présentées par l’artiste auraient peut-être suffi. Mais cette fois “c’est différent” : “Les propos racistes de Morgan Wallen interviennent au moment où le milieu de la country s’interroge sur sa responsabilité dans l’effacement de l’apport des artistes noirs. La country se demande aussi comment réagir face aux personnes issues de minorités visibles qui craignent d’aller à des concerts en raison des drapeaux confédérés qui s’y trouvent souvent.”

Mickey Guyton, l’une des rares artistes de couleur à avoir signé avec un grand label de Nashville, qui a appelé à une prise de conscience collective sur Twitter : “Quand je lis des commentaires disant ‘cela ne nous représente pas’, je ris, parce que c’est exactement ce qu’est la musique country. J’en suis témoin depuis dix ans. Vous devriez juste lire certains des commentaires ignobles qui me sont adressés quotidiennement. C’est une vérité froide et dure à affronter, mais c’est la vérité.”

The Washington Post