États-Unis : « Les démocrates ont créé une industrie de la victimisation raciale »

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Selon Bob Woodson, «Le concept de racisme systémique est une arme politique qui se nourrit de la culpabilité blanche». Cet ancien combattant des droits civiques, conservateur et chrétien, dénonce ses ex-compagnons de route démocrates, les accusant d’avoir créé une «industrie de la victimisation raciale» qui a échoué à sortir sa communauté de l’ornière.

LE FIGARO. – Républicain, conservateur, chrétien, vous occupez une place particulière dans le paysage politique et intellectuel de la communauté noire aux États-Unis, car après avoir été engagé dans la lutte pour les droits civiques, vous avez rompu avec les organisations antiracistes, que vous accusez de prospérer sur le dos de la population noire. Vous accusez aussi les démocrates d’utiliser la question raciale à des fins électorales et de desservir la cause noire qu’ils sont censés défendre. Que voulez-vous dire?

Bob WOODSON. – La gauche américaine pense que les Noirs sont obsédés par la question raciale. Mais c’est faux ! Les Noirs sont beaucoup plus préoccupés par l’ordre et la sécurité qu’on veut bien le dire. Ils ont besoin de la police, pas de sa dissolution, car les quartiers noirs sont ceux qui sont le plus frappés par l’insécurité.

La violence en série qui sévit depuis des mois, et a détruit par exemple toute la promenade du Golden Mile de Chicago en deux nuits, suscite l’incompréhension. Je raconte toujours l’histoire de ma ville natale de Worcester en Pennsylvanie, où l’affreux Frank Rizzo, un politicien raciste très attaché à la loi et l’ordre, s’était présenté comme maire. Quelle n’avait pas été la surprise des commentateurs quand il avait obtenu 35 à 40% du vote noir!

Les Afro-Américains s’étaient révélés plus préoccupés par la question de l’ordre que par la question raciale ! La gauche est complètement déconnectée de ce que pense le peuple, y compris les leaders de la communauté noire qui ont créé ce que j’appelle une industrie de la victimisation raciale. Aujourd’hui pour chaque dollar dépensé en dotations, 70 cents vont non pas aux pauvres mais aux organisations qui les financent. Leur intérêt stratégique n’est donc pas de résoudre les problèmes.

N’oublions pas que des Noirs démocrates sont à la tête de nombreuses villes américaines depuis des décennies. Mais qu’ont-ils changé dans leurs communautés ? Plutôt que d’avoir à répondre à ces questions difficiles, plutôt que d’expliquer pourquoi la population afro-américaine continue de souffrir d’un système qu’ils supervisent, ils changent de sujet en mettant sur la table la question «du racisme institutionnel».

J’ai participé à la lutte des droits civiques et connu Martin Luther King. Je sais le prix que nous avons dû payer. Mais les choses ont changé ! L’Amérique a fait du chemin, grâce notamment aux nombreux sacrifices de ceux qui se sont battus. Ignorer les progrès accomplis, c’est leur faire injure.

Vous n’acceptez pas l’idée avancée par la gauche, selon laquelle l’Amérique souffre de racisme systémique ?

Je dis que le racisme systémique n’est pas une réalité, mais une stratégie politique, une arme, qui se nourrit de la culpabilité blanche et de la victimisation des Noirs ! Mettre l’accent sur le racisme n’aide pas les populations noires ! On parle beaucoup par exemple de la suppression du vote noir supposément organisée par les Républicains.

Mais le principal facteur de suppression du vote, c’est l’apathie ! Lors des dernières élections locales pour la mairie de Washington DC, seulement 6% des gens ont voté. Il faut aider les gens à se trouver. La rédemption de ces communautés n’est pas un problème seulement financier mais spirituel.

Comment interprétez-vous néanmoins tous les incidents de violence policière répétée qui frappent la communauté noire, tous ces gens qui sont abattus dans des circonstances inacceptables, quand ils sont au volant, ou morts de balles tirées dans le dos ?

Combien y a-t-il de tels incidents ? C’est un chiffre très faible par rapport aux dizaines de millions d’interactions de la police avec la population. Chaque année, environ 1000 personnes sont tuées par la police mais 80% de ces cas sont des meurtres en situation d’autodéfense. Sur les 200 personnes qui sont tuées alors qu’elles sont désarmées, une grosse partie est blanche. Seulement 15 à 20% des Noirs abattus le sont alors qu’ils sont désarmés.

Mais nous extrapolons, oubliant en revanche que 7000 Noirs sont tués par d’autres Noirs chaque année ! Nous généralisons un cas de mauvaise conduite policière pour condamner toute la police et annoncer que toute la police est raciste. Puis nous nous tournons vers l’Histoire et remontons au cas du jeune Emmet Till [torturé et tué par deux hommes blancs dans le Mississippi en 1955, ensuite acquittés, NDLR], pour annoncer que ce qu’il a vécu se produit à nouveau, et finalement que rien n’a changé.

Mais vous dites que dire que rien n’a changé est une insulte à ceux qui se sont battus.

Oui, cela nous démoralise. Surtout, c’est un mensonge. La vérité est que la majorité des Noirs ne sont pas en prison, ils sont au collège. Les pauvres représentent seulement 18% du total. Les autres vivent une vie bourgeoise. Mais on n’en parle pas ! On parle des disparités entre Noirs et Blancs, mais il y a en réalité un énorme éventail de situations différentes en termes de revenus et de richesse dans la communauté noire.

Si vous y regardez de plus près, les Noirs des Caraïbes ont par exemple un revenu médian supérieur à celui des Blancs, et un niveau d’éducation supérieur. Si le racisme institutionnel existe, comment expliquer que ce groupe ne soit pas affecté, contrairement à ce qui se passait à l’époque de la ségrégation ?

Quelles sont les raisons de la disparité ?

Une partie de ces disparités est due à la culture. L’autre est liée aux habitudes d’épargne des gens. La question n’est pas seulement de savoir combien vous gagnez ; mais ce que vous faites de cet argent. Beaucoup de sportifs de haut niveau deviennent riches mais, au bout de deux ans, ils n’ont plus rien.

Cela signifie que l’argent frais n’est pas une condition de votre prospérité. Le problème est que le politiquement correct ne permet pas une discussion honnête de ces questions. Si vous voulez promouvoir l’idée que les Noirs ont le contrôle de leur destinée, ou que la substance de votre caractère a plus d’importance que la couleur de la peau, vous serez traité de raciste. […]

Aujourd’hui, la gauche a pris le contrôle du parti démocrate et a pris en otage l’autorité morale du mouvement de justice sociale qui est apparu. Les organisations antiracistes comme Black Lives Matter sont passées de la demande de justice pour George Floyd au dénigrement de la famille « nucléaire », à l’autodafé de bibles à Portland, au saccage de croix chrétienne, à la destruction de monuments de la Seconde Guerre mondiale et enfin à la mise à bas de statues de Frederick Douglas et d’Abraham Lincoln. Cela s’est fait au nom de l’antiracisme. Mais cela ressemble à l’action de Lénine. […]

Que pensez-vous des zones d’opportunité de Trump ?

C’est trop peu trop tard, mais au moins cela existe. Et ce que j’aime chez Trump, c’est qu’il ne se sent pas coupable. C’est un bon début. Il se moque totalement de ce que la gauche dit de lui et c’est encourageant. La chose qui me hérisse le plus, c’est la culpabilité des Blancs qui essaient d’acheter de l’innocence et de la vertu. C’est pour cela qu’ils signent des chèques à la gauche.

Le mouvement conservateur doit sans doute aller au bout de sa traversée du désert pour finir par comprendre ce qu’il doit faire. Les conservateurs ont les bons messages mais sont les pires messagers. En 1983, j’ai écrit un rapport dans lequel j’ai expliqué que la question raciale était le champ de mines du mouvement conservateur.

Le seul moment où on les entend, c’est quand un pompier mécontent a été handicapé par la discrimination positive. Jamais ils ne prennent la parole en faveur des plaintes légitimes pour discrimination qui sont formulées. Ils se sont isolés dans leurs think tanks pleins d’argent et de confort, refusant de faire preuve d’autocritique pour leurs échecs.

Jusqu’à Trump, les Républicains ne se préoccupaient pas beaucoup de la classe ouvrière…

Quand Bush a été élu, et qu’ils ont organisé une grande fête au Mayflower pour célébrer leur victoire, j’ai pris la parole pour demander ce que cela signifiait pour les plus démunis des enfants de Dieu. Le silence m’a répondu. Les choses ont en revanche changé avec Trump.

Comment voyez-vous l’élection qui approche ?

Je pense que Trump va gagner environ 20 à 25% du vote noir, parce qu’il a fait une vraie différence dans ces communautés et que les gens vont s’en souvenir.

[…] Trump n’est pas un pilier de rectitude morale, c’est sûr. Il effraie jusqu’à ses amis ! Mais je le soutiens pour son côté transactionnel, ses réflexes d’homme d’affaires pragmatique. S’il gagne, le mouvement d’extrême gauche antifa fera tout pour promouvoir une insurrection. C’est pour cela que les ventes d’armes ont explosé. […]

Le Figaro

1 Commentaire

  1. Ces tronches de losers congénitaux transgénérationnels, pauvres baltringues endimanchés, nés pour se contenter de la poignée de verroterie que leur jettent à la gueule leurs maîtres Blancs Démocrates.

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