États-Unis : Les réseaux sociaux se préparent au pire pour l’élection américaine

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Une opinion publique polarisée à l’extrême. Un président sortant qui laisse planer le doute sur son attitude en cas de défaite. Un vote dont le résultat ne sera pas connu avant de longs jours, voire semaines. Le monde retient son souffle face à la prochaine élection présidentielle américaine du 3 novembre et les réseaux sociaux ne sont pas en reste.

Ils ont été cloués au pilori en 2016 pour avoir accueilli des campagnes de manipulation de l’opinion publique américaine. Pour ce scrutin 2020 encore plus électrique, tous multiplient les mesures de prévention.

«Le seul moyen de se préparer à l’inconnu est de prévoir tous les scénarios, même les plus extrêmes, comme la généralisation de troubles civils après l’élection», a déclaré mardi à la presse européenne Nick Clegg, responsable des affaires publiques de Facebook.

Le réseau social a déjà développé pour d’autres élections dans le monde «des boutons d’arrêt d’urgence pour stopper la circulation de certains contenus sur notre plateforme». «Bien évidemment, nous espérons ne pas en avoir besoin aux États-Unis. Mais nous nous préparons à tout, même au plus improbable.»

L’élection de 2016 avait été marquée par les ingérences étrangères sur le scrutin. En 2020, la donne est différente: la désinformation vient désormais des candidats, des partis et de leurs soutiens. La «fake news» la plus répandue concerne le vote par correspondance. Covid-19 oblige, ce mode de scrutin va être plus utilisé qu’en temps normal.

Il est délégitimisé par le président Trump, qui affirme qu’il sera la porte ouverte aux fraudes. Les modalités de vote, complexes et qui différent d’un État à l’autre, sont aussi un terreau fertile pour tromper les électeurs et les empêcher de s’inscrire sur les listes ou de voter aux bonnes dates.

Face à ce danger, Facebook, Twitter ou Instagram ont installé des «centres d’information» sur l’élection en haut de leurs flux, sur le modèle de ceux qui ont été créés durant la crise du Covid-19.

Publicités politiques bannies

La modération est aussi devenue plus sévère. Tout message contestant la légitimité des méthodes de vote ou diffusant des mensonges sur ces dernières est signalé comme trompeur par Twitter et Facebook, et sa visibilité largement réduite. Ces messages sont accompagnés de correctifs. Pour éviter les manipulations, Twitter interdit depuis novembre 2019 les publicités politiques.

Google a, lui, fortement réduit les options de ciblage publicitaire. Facebook refusait, quant à lui, de bannir ces messages au nom de la liberté d’expression. Il est revenu en partie sur ses principes ces derniers jours: toutes les nouvelles campagnes publicitaires politiques seront interdites une semaine avant le scrutin.

«La crise du coronavirus a été une révélation pour Facebook: la société a vu qu’elle pouvait combattre la désinformation, mais aussi à quel point les États-Unis étaient fragiles», écrit le média américain Politico, qui s’est entretenu avec des salariés du réseau social. Facebook vient aussi d’interdire toute réclame en faveur des milices d’autodéfense ou du mouvement complotiste Qanon.

Les membres de ces sulfureux groupes Facebook verront, eux, moins apparaître les nouveaux messages sur leur flux d’actualité. Car les plateformes craignent plus que tout l’après 3 novembre, cette période qui s’annonce longue entre la fermeture des bureaux de vote et la proclamation officielle des résultats.

«Notre centre d’information rappelle sans cesse à nos utilisateurs que les résultats arriveront plus tard qu’en temps normal. Il faut s’assurer que les gens ne seront pas surpris, en espérant que cela réduira l’apparition de tensions», indique Nick Clegg. Tous les réseaux sociaux promettent de bloquer les messages et les publicités des candidats proclamant leur victoire avant que le dépouillement ne soit terminé.

Même sanction pour les contenus qui tenteront de délégitimiser les résultats officiels. Google va suivre la même voie en interdisant les publicités politiques aux États-Unis après le 3 novembre. Et ce pour une durée indéterminée.

Le Figaro

1 Commentaire

  1. Ces fdp de journalistes qui rêvent de prophéties auto-réalisatrices : depuis le début, ils sont partagés entre le “ah! C’est bien fait” et le “qui va lui succéder quand il va crever?”…

    Sacré performance journalistique! Même le “turco-glish” Johnson s’en est sorti…avec la crème de la médecine anglaise, et ce dans des conditions plus défavorables. Mais ils rêvent tellement qu’il claque, c’est comme si c’était fait, en oubliant que les meilleurs toubibs d’Amérique vont être à son chevet avec qq mois d’expérience sur le virus.

    Mais comme annoncé, il est TRES à risque: obèse en surpoids (oui oui les deux!) et plus de 70 ans…ils auraient dû ajouter “fasciste”

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