Etats-Unis : “Phil Collins glorifie le souvenir d’une poignée de Blancs luttant contre une horde de Mexicains”, le chanteur de Genesis au cœur d’une controverse raciale, après avoir fait don à un musée de sa collection consacrée à Fort Alamo

Phil Collins, 70 ans, est fasciné depuis son enfance par la bataille de Fort Alamo et il croit même être la réincarnation d’un de ces défenseurs. Le leader de Genesis a fait don de sa collection, composé d’armes, de vêtements, de lettres et d’autres objets provenant du mythique siège d’Alamo en 1836, à un musée.

Depuis des décennies, Phil Collins a accumulé une fantastique collection de souvenirs relatifs au siège d’Alamo. Aujourd’hui, cette collection d’armes, de vêtements, de lettres et d’autres objets du chanteur de Genesis, âgé de 70 ans, est au centre d’une autre bataille – une bataille très moderne sur la race. Collins, dont la santé fragile l’oblige à chanter depuis une chaise, n’a pas commenté la polémique actuelle.

À San Antonio, au Texas, Phil Collins, légende de la musique britannique, a fait don aux Texans de ce qui est considéré comme la plus grande collection d’objets en provenance d’Alamo.

Alamo attire 1,6 million de visiteurs par an et – grâce à Hollywood – a un statut presque mythique pour de nombreux Américains. La bataille de 1836 a duré 13 jours, lorsque moins de 200 volontaires texans ont fini par être submergés par 6.000 soldats mexicains.

Des voix critiques s’élèvent en affirmant que la collection, estimée à 11 millions d’euros, contribue à perpétuer un récit qui se concentre uniquement sur les chefs blancs de la bataille et ignore les Latinos, les Amérindiens et les Noirs. De l’autre côté, il y a ceux qui veulent que le musée d’Alamo au Texas se souvienne simplement des principaux participants à la bataille de 1836 entre les rebelles texans et les soldats mexicains.

M. Collins indique avoir fait une fixation sur la bataille lorsqu’il était enfant, à Hounslow, dans l’ouest de Londres, en regardant une série télévisée Disney des années 1950 sur le défenseur d’Alamo, Davy Crockett, et le film de John Wayne de 1960, The Alamo.

Devenu multimillionnaire, il a commencé à collectionner des souvenirs d’Alamo, dont la plupart sont liés aux dirigeants du siège, notamment le fusil de Crockett et l’épée du général mexicain Santa Anna.

En 2014, Phil Collins a donné sa collection de 430 pièces – d’une valeur de 11 millions d’euros – à l’Etat du Texas. Sa seule condition était que, d’ici à 2021, l’État crée un musée à l’Alamo – une mission fortifiée vieille de 300 ans à San Antonio qui est maintenant un site touristique – pour l’exposer. Le bâtiment de 2.000 mètres carrés coûtera 17 millions d’euros et devrait ouvrir l’été prochain.

Cependant, des militants hispano-texans affirment que cette collection ne fera que renforcer l’idée d’une lutte héroïque entre une poignée de Blancs et une horde de Mexicains. Ils veulent qu’elle reflète les contributions à l’indépendance du Texas des Texans d’origine mexicaine ainsi que des Amérindiens et des esclaves noirs.

Les politiciens locaux affirment qu’elle doit rester largement axée sur les chefs d’Alamo et les hommes – dont beaucoup étaient venus de Grande-Bretagne – qui ont combattu sous leurs ordres.

Les discussions sont devenues si vives que des manifestants armés se sont rendus à Alamo.

George Cisneros, l’un des leaders du mouvement visant à rendre les commémorations d’Alamo plus multiraciales, a déclaré qu’il craignait que le musée ne soit un “palais coûteux glorifiant le mythe d’Alamo”.

Mais Brandon Burkhart, du mouvement This is Freedom Texas Force, un groupe conservateur, a déclaré : “S’ils veulent évoquer l’esclavage ou dire que les défenseurs d’Alamo étaient racistes, il faut qu’ils franchissent la frontière de l’État et qu’ils quittent le Texas“.

La bataille d’Alamo en 1836 : les critiques ont fait valoir que le don par Phil Collins de souvenirs de l’événement contribue à renforcer la narration centrée sur les leaders blancs de la bataille historique.

Dailymail