“Etoile de Noël” : le rapprochement entre Jupiter et Saturne à ne pas manquer le 21 décembre

Jupiter et Saturne seront extrêmement proches l’une de l’autre au moment du solstice d’hiver, comme si les deux géantes ne formaient qu’un seul astre dans la voûte céleste. Un phénomène qui n’a pas été observé depuis près de 800 ans ! 

Un phénomène rarissime pourra être observé quasiment partout sur la planète dans la soirée du 21 décembre : le rapprochement maximal, dans la voûte céleste, de Jupiter et Saturne, les deux plus grosses planètes du système solaire qui ne seront séparées que par six minutes d’arc, soit un dixième de degré ou un cinquième du diamètre de la pleine Lune. Un tel rapprochement ne s’était pas produit depuis le 17e siècle, le 16 juillet 1623 précisément, lorsque les deux géantes n’étaient éloignées que de 5 minutes d’arc. Et encore. Car il était alors à peine observable en raison de sa trop grande proximité avec le Soleil dans le ciel. Il faut ainsi remonter quatre siècles en arrière, le 4 mars 1226, pour retrouver une telle configuration visible à l’œil nu, année où Louis IX devenait roi de France et Gengis Khan conquérait une bonne partie de l’Asie.

Jupiter, à gauche, et Saturne, à droite, resteront éloignées de plusieurs centaines de millions de kilomètres.

Le rapprochement entre Jupiter et Saturne, signe de grands bouleversements

Appelé “grande conjonction”, ce phénomène longtemps interprété comme un signe annonciateur de grands bouleversements par les astrologues du Moyen Âge se produit de manière cyclique environ tous les 20 ans. C’est le temps que Jupiter – dont la période orbitale est de douze ans – met pour rattraper Saturne dans sa course autour du Soleil, qui effectue elle-même une rotation complète en un peu plus de 29 ans. Les deux géantes se retrouvent alors alignées avec notre étoile et apparaissent extrêmement proches dans le ciel, même si la distance qui les séparent se chiffrent en centaines de millions de kilomètres. Lors de la conjonction du 21 décembre, Jupiter gravitera ainsi à près de 900 millions de kilomètres du Soleil et Saturne à 1,6 milliard de kilomètres. 

Alignement des planètes lors de la grande conjonction.

Les rapprochements varient d’une conjonction à une autre

Les rapprochements angulaires varient toutefois d’une conjonction à une autre en raison des caractéristiques orbitales de chacune des planètes, notamment leur légère inclinaison par rapport au plan de l’écliptique. Il est donc souvent beaucoup plus important que celui auquel nous assisterons dans quelques jours. Lors de la précédente conjonction, le 28 mai 2000, Jupiter et Saturne étaient ainsi éloignées de 68,9 minutes d’arc – soit plus de deux fois le diamètre de la pleine Lune – dans la constellation du Taureau. 

Une “étoile de Noël” à peine quelques jours avant le 25 décembre !

Les conditions seront en revanche optimales et cette fois-ci. Il faudra scruter le ciel dans la direction du sud-ouest au moment du crépuscule, à partir de 17h et vers 18h idéalement, sous la constellation du Capricorne. Et choisir un horizon bien dégagé, car les deux planètes seront à moins de 10° de hauteur. Elles seront alors à touche-touche, apparaissant comme une planète double et formant quasiment un astre unique… D’où l’appellation d’“Étoile de Noël” que certains ont voulu donner à cette conjonction remarquable à plus d’un titre. Rarissime en termes d’éloignement angulaire, elle coïncidera en effet avec le solstice d’hiver et surviendra une poignée de jours avant la fête célébrant la naissance de Jésus.

Étoile de Bethléem

Ce phénomène fait ainsi écho à la célèbre Étoile de Bethléem mentionnée dans l’Évangile selon Matthieu, plusieurs astronomes – à commencer par Johannes Kepler au 17esiècle – estimant que cette “étoile” résulterait de l’alignement de Jupiter et Saturne en l’an 7 avant le début de l’ère chrétienne. Cette histoire pourrait néanmoins aussi résulter d’une autre conjonction de planètes, d’une comète, d’une explosion d’étoile… ou encore d’une invention. Le spectacle – si les conditions météorologiques le permettent – vaudra dans tous les cas le détour ! Sans compter qu’un tel rapprochement entre Jupiter et Saturne ne se reproduira pas avant 2080.

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