Europe : L’UE prépare des passeports de vaccination numériques pour les voyages estivaux, sous la pression des États touristiques du sud

Le jeudi 25 février, les dirigeants des 27 États membres, réunis en visioconférence, ont trouvé un accord de principe sur la mise en place d’un passeport vaccinal digital communautaire. Un feu vert obtenu notamment grâce à l’insistance des pays méditerranéens.

Du côté de Bruxelles, l’idée semble enfin se concrétiser un peu. Le jeudi 25 février, les chefs d’État des 27 pays membres étaient réunis dans le cadre d’un sommet virtuel, et, parmi les nombreux sujets abordés lors de cette réunion, figurait aussi celui de la création d’un laissez-passer pour relancer le tourisme intra-européen cet été. Une proposition qui a, semble-t-il, été validée par les dirigeants de l’UE, puisque comme l’a affirmé Angela Merkel à l’issue de la réunion : “Tout le monde est d’accord sur le fait que nous avons besoin d’un certificat de vaccination digital.”

Un pas en avant indéniable, même si “une fois le principe approuvé, la Commission européenne a encore besoin de trois mois pour développer les fonctionnalités de ce passeport qui devra être commun à tous les pays de l’Union européenne”. Aujourd’hui, “De nombreux éléments restent encore à déterminer, tant d’un point de vue technique que d’un point de vue politique. Une grande question est particulièrement ouverte : à quoi exactement vont servir ces passeports ?”

Parmi les nombreuses décisions encore à prendre, il faudra aussi déterminer si l’on inclura dans les personnes autorisées à voyager seulement celles qui ont été vaccinées, ou aussi celles qui peuvent prouver qu’elles sont immunisées car elles ont déjà été malades. Autre question scientifique soulevant des doutes : il n’y a pas encore de certitudes que les vaccins, en plus de “bloquer” les symptômes, rendent également les personnes atteintes par le coronavirus moins contagieuses. Si ce n’était pas le cas : ne serait-ce pas préjudiciable de faire voyager librement des personnes vaccinées potentiellement infectieuses ?

La réticence de la France dépassée

Quoi qu’il en soit, le passeport vaccinal devrait bel et bien voir le jour avant le début de la saison estivale, et arriver à ce résultat n’était pas chose acquise. “Jusqu’à hier, les réticences de beaucoup de pays européens étaient considérables. La France en particulier signalait le risque de discrimination d’un tel instrument”, indique le média. Cette position aurait été dépassée grâce à l’insistance d’un groupe de pays. Notamment ceux du sud de l’Europe : “Angela Merkel, le Belge De Croo, le Hollandais Mark Rutte ou encore Emmanuel Macron, avaient des doutes avant ce sommet, mais le front des pays touristiques– Autriche, Grèce, Espagne, Portugal, Italie et Bulgarie – a poussé fort pour la création d’un document qui puisse consentir de voyager cet été.

Un pas en avant indéniable, même si, “une fois le principe approuvé, la Commission européenne a encore besoin de trois mois pour développer les fonctionnalités de ce passeport qui devra être commun à tous les pays de l’Union européenne”. Aujourd’hui : “De nombreux éléments restent encore à déterminer, tant d’un point de vue technique que d’un point de vue politique. Une grande question est particulièrement ouverte : à quoi exactement vont servir ces passeports ?

Parmi les nombreuses décisions encore à prendre, il faudra aussi déterminer si l’on inclura dans les personnes autorisées à voyager seulement celles qui ont été vaccinées,ou aussi celles qui peuvent prouver qu’elles sont immunisées car elles ont déjà été malades. Autre question scientifique soulevant des doutes : il n’y a pas encore de certitudes que les vaccins, en plus de “bloquer” les symptômes, rendent également les personnes atteintes par le coronavirus moins contagieuses. Si ce n’était pas le cas : ne serait-ce pas préjudiciable de faire voyager librement des personnes vaccinées potentiellement infectieuses ?

L’exemple israélien

Selon des indiscrétions, ce serait le Premier ministre grec qui aurait trouvé le compromis gagnant. Lors du sommet virtuel, Kyriákos Mitsotákis aurait proposé que le feu vert soit accordé aussi à ceux qui peuvent montrer un test PCR négatif et que ce passeport ne soit pas obligatoire pour voyager, mais qu’il rende seulement les déplacements plus faciles.Un instrument nécessaire car si l’UE est encore en retard sur la vaccination, d’autres pays plus avancés ont déjà mis en place des stratégies similaires : “Israël qui a déjà vacciné un tiers de sa population, s’est accordé avec Chypre et la Grèce, pour créer des corridors touristiques, sans tests ni quarantaines pour ceux qui ont reçu leurs doses et peuvent le prouver à travers un QR code sur leur portable.”

Les Espagnols souhaitent donc voir leur pays, comme le Vieux Continent tout entier, augmenter le rythme de ses “piqûres”. Une accélération qui rendrait ce “passeport” plus diffus et donc moins discriminant et qui, par la même occasion, endiguerait la diffusion de la pandémie.

La Vanguardia