Europe : Patrimoine olfactif, à la recherche des parfums perdus

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Voyager dans le passé grâce à l’odorat, ce sera bientôt possible. Un groupe d’historiens, d’experts en intelligence artificielle, de chimistes et de parfumeurs va recréer pour des expositions les odeurs qu’on trouvait en Europe du XVIe au XXe siècle, et constituer en parallèle une encyclopédie des odeurs.

Notre mode de vie change sans cesse, et avec lui changent les odeurs : de nouvelles apparaissent, tandis que beaucoup d’autres ont disparu à jamais. Des chercheurs dans six pays européens (Allemagne, Italie, France, Pays-Bas, Royaume-Uni, Slovénie) ont donc eu l’idée de se servir de textes littéraires et d’œuvres d’art afin d’essayer de comprendre ce que les rues, les marchés, les ateliers et les maisons sentaient à différentes périodes depuis le XVIIe siècle, ou encore de replacer dans leur contexte historique des odeurs qui existent toujours, comme celle du romarin, très prisée au XVIe et XVIIe siècle, car on lui attribuait le pouvoir d’éloigner la peste.

Cette encyclopédie, une première dans le genre, « permettra aux internautes de découvrir comment les odeurs ont façonné nos communautés et nos traditions », explique un communiqué de l’université Anglia Ruskin (Cambridge), une des six structures européennes impliquées dans le projet Odeuropa.

Les chimistes et parfumeurs du projet seront aussi chargés de recréer, grâce à des indications trouvées par une intelligence artificielle dans des textes historiques ou des peintures, des odeurs caractéristiques de certaines époques, comme le tabac ou de grands parfums historiques, mais aussi de certains espaces, comme la puanteur des villes provoquée par la révolution industrielle.

Au cours des quatre prochaines années, les chercheurs étudieront les témoignages tangibles (textes, dessins et tableaux) d’odeurs du passé et tenteront d’en recréer certains.

Bientôt une exposition itinérante sur les odeurs du passé

À l’issue du projet de recherche, deux « rendus » sont prévus. D’une part, une base de données en ligne, accessible à tout un chacun, référencera les différentes odeurs, avec leurs descriptions, et éclairera nos contemporains sur leur sens. D’autre part, certaines des odeurs identifiées seront recréées avec l’aide de spécialistes de la parfumerie et tourneront pendant trois ans à travers l’Europe dans une exposition itinérante.

Ce projet de recherche bénéficie d’une subvention de 2,8 millions d’euros, octroyée par l’Union européenne dans le cadre de son programme Horizon 2020. Lancé en 2014, ce programme s’achèvera fin 2020 : les derniers fonds non distribués trouvent donc en ce moment les ultimes preneurs. Pour l’Union européenne, ce programme de subventionnement de la recherche est « un investissement dans notre avenir » et « un moyen de stimuler la croissance économique et créer des emplois ».

Odeuropa

4 Commentaires

  1. Excellent article !
    La mémoire olfactive est la plus fidèle et la plus mystérieuse.
    Nul besoin d’évoquer les madeleines, expérience que chacun de nous a vécu plus d’une fois.

  2. Fantastique. Avec le temps, je suis peu à peu sorti des parfums ‘grand public’ pour me tourner vers des marques plus confidentielles, telle que Nicolaï (pure merveille), l’une des héritières de la famille Guerlain, ou même des parfumeurs artisanaux, dont les boutiques fleurissent à Paris.

    • J’ai eu récemment connaissance d’une expérience de création de parfums en lien avec… Jeanne d’Arc!
      Ces parfums évoquent les différents épisodes de la vie de la Pucelle.
      C’est surprenant, ils y a des notes comme la terre fraîche ou même le sang.

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