Face à une nébuleuse de groupes promouvant la haine, création d’un Observatoire national de l’extrême-droite

Temps de lecture : 4 minutes

L’ancrage de l’extrême droite en France va de pair avec un racisme de plus en plus assumé et relayé. Un observatoire national de l’extrême droite vient d’être créé. Objectif : identifier les réseaux et ses modes de financements, démonter les opérations de désinformation, démontrer les incohérences entre discours et programmes.

Depuis plusieurs années, élections après élections, nous constatons que l’extrême droite, dans toute sa diversité, gagne du terrain, aussi bien dans les urnes qu’en répandant son idéologie au sein de l’opinion publique. En 2017, au second tour des élections présidentielles, le parti de Marine Le Pen a emporté 34,2 % des suffrages, passant ainsi la barre des 10 millions de voix, soit 1 électeur sur 3, un record pour le Rassemblement National. Les dernières élections municipales ont démontré l’ancrage local de maires se revendiquant d’extrême droite. Dans leur très grande majorité, ils ont été réélus dès le premier tour.

Cela doit nous interroger collectivement, qu’il s’agisse d’un vote d’adhésion à l’ensemble du programme, ou d’un vote protestataire, « anti-système » pour lequel ces idées ne constituent plus un repoussoir suffisant. Pas une semaine ne passe sans que l’extrême droite n’impose ses thèmes ou ses idées à l’agenda politique et médiatique du pays. Des groupuscules identitaires toujours plus visibles par leurs actions de vandalisation et leurs contre-manifestations face à des mouvements tels que Black Lives Matter à la récente publication de Valeurs Actuelles, caricaturant une députée de la Nation en esclave en raison de sa couleur de peau, témoigne d’un racisme de plus en plus décomplexé, assumé, diffusé.

Déconstruire un courant de pensée

Il y a pour nous urgence à développer un outil permettant de mener une bataille idéologique d’ampleur pour sortir des combats de slogans et aller vers une déconstruction idéologique et argumentée du discours. Combattre l’extrême droite ne se résume pas à mener la lutte sur le thème central de l’anti-racisme, mais bien sur toutes les thématiques qu’utilise cette idéologie pour propager son discours (égalité femmes-hommes, services publics, industrialisation, travail, santé, culture, sécurité, absence de positionnement sur les questions sociales telles que la loi retraites, les conséquences du confinement…).

Combattre l’extrême droite c’est se plonger dans une nébuleuse de groupuscules, plus ou moins identifiés, qui promeuvent la haine et se livrent à des actions violentes comme le GUD ou Génération Identitaire. C’est aussi refuser que la dénonciation morale de l’extrême-droite ne serve qu’à faire le lit de l’alternative délétère entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Aussi nous, syndicalistes, militant.e.s politique, chercheurs et chercheuses, scientifiques, journalistes, élu.e.s, citoyen.ne.s, avons décidé de créer un Observatoire National de l’Extrême Droite (ONDE[a]), outil d’observation, de décryptage et de déconstruction de ce courant de pensée, outil qui s’inscrit, dans un souci de rassemblement des initiatives, dans le prolongement de nombreux travaux préexistants de journalistes, d’intellectuels, syndicalistes, ou encore politiques.

Confronter le discours de l’extrême droite et ses pratiques locales

Nous souhaitons également décliner notre travail en observatoire régional de l’extrême droite, pour être au plus près des territoires et coller aux réalités quotidiennes de l’exercice du pouvoir par ses représentants élus. L’objectif de cet observatoire est de mettre sous surveillance l’extrême droite (dans toutes ses composantes), accumuler des données, analyser, confronter son discours et les pratiques locales, pointer les incohérences entre discours et prises de positions. Notre démarche se veut innovante, pluraliste, et ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent s’engager dans cette démarche.

Notre Observatoire, aura pour missions de :


- Mettre sous surveillance l’extrême droite afin de faire un travail précis et scientifique de recueil de données
- Dresser la cartographie de son implantation, identifier ses réseaux et ses modes de financements
- Évaluer l’impact de l’extrême droite sur les politiques publiques lorsqu’elle est au pouvoir
- Proposer des boîtes à outil, des argumentaires et des formations pour déconstruire les idées d’extrême droite
- Organiser la riposte sur les réseaux sociaux pour démonter les mensonges et opérations de désinformation.
- En période électorale : proposer une grille de lecture des positions locales prises par l’extrême-droite, une analyse programmatique des candidat.e.s d’extrême-droite, afin de démontrer auprès des électeurs et électrices les incohérences entre discours et programmes.

Observatoire National de l’Extrême-Droite

15 Commentaires

  1. Tiens pour ça il y a encore des sous.
    L’extrême droite en France, c’est pas un danger, je ne vois pas pourquoi ils font une fixette pareille.
    Qui commet des attentats chez nous ? Pas l’extrême droite.
    Foutez nous la paix.

    • T’es d’extrême droite toi maintenant?
      Tu crois ça parce qu’on te le fait croire, que l’on t’en accuse, mais tu n’as rien d’extrême, tu es tout simplement lucide.

        • Il est là le piège, tu n’as rien d’extrême, moi non plus d’ailleurs, nos amis non-plus, pis tu tombes dans le trou, “rien à renier” quand on t’accuse…

          Apprend à accuser les autres avant que de te laisser accuser. On dirait que tu as honte. Honte de quoi bordel? De dire la vérité, ce que tu vois, ce que tu vis? Fichtre..

          • Ah non, justement, pas honte.
            Maintenant j’ai l’impression que toute personne tenant à garder la France française est d’extrême droite. C’est plutôt un compliment, non ? Il y a des expressions qui sont vidées de leur vrai sens de nos jours.
            L’extrême droite, même à gauche ils parlent d’un “spectre”, tu vois.
            J’ai pas peur d’un fantôme, je préfère voir le vrai monde, même si ça fait peur.
            Et tu m’as pas vu tenir tête aux cocos😂

          • Oui, bon, laisse tomber, tu n’as rien compris.

            Tu n’es en rien une extémiste, tu n’es qu’une femme normale de ma génération, qui réagis enfin sainement, en dépit de tout ce qui a pu t’être enseigné à l’école, l’école de la “république”.

            Tu n’as pas besoin de t’excuser.

  2. Que du “beau monde”, il y a même Obonobo dans le binz.

    Rien d’officiel, c’est pas un “point gouv point fr“, juste un sous-domaine WordPress, des mendigots même pas fichus de se raquer leur hébergement.

Les commentaires sont fermés.