Face aux incivilités, le GIGN forme les maires pour désamorcer des situations de tension : “écoute” et “empathie”

Dans la Marne, les gendarmes viennent de lancer le cycle de formation des élus face aux agressions et incivilités, proposé dans toute la France. Le besoin est bien réel.

Les formations sont assurées par des négociateurs de la gendarmerie, affiliés au GIGN, qui tiennent à rester anonymes. Photo Ebra /A.P.

Il y a les insultes, les menaces, les agressions physiques ou encore les tags. En 2020, les élus de France ont été visés par 1 276 actes de toute nature, soit trois fois plus qu’en 2019. Interrogé fin mars sur le sujet fin mars, Gérald Darmanin a jugé ces chiffres “inquiétants”. “Il ne se passe pas une semaine sans que les services de police ne m’en signalent”, dit-il. Le ministre de l’Intérieur indique que “tous les numéros de téléphone des élus ont été enregistrés, et leurs appels aux forces de l’ordre sont désormais prioritaires”. https://d-11918802843930495974.ampproject.net/2103261048002/frame.html

Gendarmes négociateurs

En septembre 2020, son homologue à la Justice a déjà diffusé une circulaire auprès des parquets pour demander “une réponse pénale systématique et rapide” aux attaques visant des maires ou des élus locaux. Pour les agressions physiques et les faits les plus graves, Eric Dupond-Moretti souhaite que les auteurs soient jugés “en comparution immédiate”. Des peines d’interdiction de paraître peuvent aussi être infligées, ainsi que des travaux d’intérêt général. Les simples rappels à la loi sont proscrits.

En parallèle, des formations sont proposées aux élus locaux, qui sont en première ligne. Et la demande est importante. Dans le département de la Marne, d’ordinaire plutôt calme, plus de 500 titulaires d’un mandat électif ont répondu à l’appel de la région de gendarmerie de Champagne-Ardenne, qui va assurer des dizaines de sessions de formation jusqu’en juin. Ces ateliers mêlant théorie et mises en situation sont animés par les gendarmes négociateurs, présents dans chaque département.

D’habitude, ils interviennent auprès de personnes suicidaires, ou de forcenés. Là, ce sont aux maires, principalement, qu’ils prodiguent leurs “clés” pour désamorcer des situations de tension : “écoute” et “empathie” sont les maîtres-mots pour que “pic de colère s’apaise”. Et à la fin, “le maire, c’est le maire”, lance l’un des formateurs, rappelant le besoin de fixer l’autorité. De plus, pour mieux savoir ce qu’il faut faire, chaque élu dispose d’une grille de lecture permettant de sentir le danger d’une intervention et de savoir s’il peut y aller seul, ou s’il vaut mieux prévenir les forces de l’ordre….

Le Dauphiné Libéré