Garges-lès-Gonesse (95) : Débora dépose plainte contre la police, après la perte de son fœtus qu’elle prénomme Djamila

Débora, 23 ans, a accouché d’un bébé mort-né, dix jours après avoir été contrôlée, le 10 décembre dernier, pour non-port du masque et placée en garde à vue. L’enquête devra démontrer un lien de causalité entre l’intervention policière et la perte de l’enfant.

Débora a déposé plainte pour des violences policières ayant, selon elle, causé la perte de son bébé. « Je ressens une injustice, j’ai perdu ma vie, je veux une justice pour ma fille! » Le 10 décembre dernier, alors qu’elle était enceinte de quatre mois et demi de son premier enfant.Selon elle, celles-ci pourraient être à l’origine de la perte de son bébé, dix jours plus tard. Soutenue par Me Vincent Brengarth, l’avocat qui a notamment défendu la famille de Cédric Chouviat ou l’ONG islamique BarakaCity, elle tenait ce lundi une conférence de presse à Paris.

«Une enquête préliminaire est en cours du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de 8 jours. L’enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) », a confirmé le parquet de Pontoise tard dans la soirée.

«Elle m’a poussée contre le mur trois fois violemment»

Ce jour-là, la future maman se rend au centre commercial Arc-en-Ciel, à Garges-lès-Gonesse, pour aller chercher à manger avec Céline, sa cousine de 22 ans, et une amie. A 17 h 30, quand elles se dirigent vers la sortie, elles croisent deux policiers. Le premier leur demande de mettre leur masque — ce qu’elles auraient accepté de faire — tandis qu’une femme policière les verbalise.

Selon Débora, cette dernière se serait crue insultée. « Nous étions en conversation privée avec ma cousine et mon amie quand elle est revenue vers nous en courant. Elle a attrapé le poignet de ma cousine en disant : Outrage à agent, je vous embarque. On n’était pas d’accord, car on n’avait rien fait. »

« Elle a plaqué ma cousine au sol, ils sont venus à plusieurs sur elle, poursuit timidement la jeune femme. J’ai paniqué, plusieurs policiers m’ont poussée gentiment pour ne pas aller vers ma cousine. Cette même policière m’a attrapée par le bras, m’a poussée contre le mur trois fois violemment. Sa collègue est intervenue. »

Elle relate un second épisode de violences. « La policière est revenue vers moi, elle m’a attrapée par le bras et m’a tirée dehors et, en me secouant, elle m’a demandé de m’excuser. J’ai dit que ça n’avait pas lieu d’être. » Débora jure avoir clamé tout au long de l’intervention qu’elle était enceinte : « C’était visible. Ma cousine et mon amie l’ont aussi répété à plusieurs reprises aux policiers. »

[…] Elle donnera d’ailleurs une interview sur Instagram au militant de Cergy Shahin Hazamy pour dénoncer sa situation. Avec Me Vincent Brengarth, elle a déposé une seconde plainte avec constitution de partie civile la semaine dernière pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une mutilation permanente » qui, cette fois, prend en compte la perte du fœtus.Ils attendent désormais la désignation d’un juge d’instruction pour mener les investigations, notamment médicales. […]

« Depuis plus d’un an, nous traversons une crise sanitaire qui importe de nouveaux comportements qui ne sont pas naturels comme le port du masque et cela doit obliger à un discernement des forces de l’ordre », conclut l’avocat.

France TV Info

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