George Orwell, Aldous Huxley : “1984” ou “Le meilleur des mondes” ?

Temps de lecture : 2 minutes

Le film raconte l’histoire croisée de George Orwell et d’Aldous Huxley, les auteurs des deux grands romans d’anticipation : “1984”et “Le meilleur des mondes”. Ecrits il y a plus de 70 ans, ces deux romans trouvent un écho extraordinaire dans nos sociétés d’aujourd’hui : faits alternatifs, fake news, ultra-surveillance… Orwell et Huxley semblent avoir imaginé toutes les dérives de nos sociétés.

Avant l’ère de la surveillance généralisée, des fake news ou des bébés sur mesure, deux romans d’anticipation du XXe siècle ont alerté sur les dérives des sociétés démocratiques : Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley et 1984 de George Orwell, parus respectivement en 1932 et 1949. Écrits par deux Anglais, qui se croisent en 1917 au chic collège d’Eton − le premier, professeur dandy, y enseignait le français au second, Eric Blair de son vrai nom, boursier égaré dans l’institution −, ces livres mettent en scène des dystopies également cauchemardesques mais foncièrement divergentes. Quand Le meilleur des mondes annonce une aliénation consentie au travers d’une civilisation hédoniste, consumériste et eugéniste dans une Londres futuriste, 1984 dénonce la surveillance systématisée d’un régime totalitaire, sous l’œil terrifiant − et faussement rassurant − de “Big Brother”. Si George Orwell a lu avec passion le roman de son aîné, l’ancien combattant du POUM (Parti ouvrier d’unification marxiste) en Catalogne pendant la guerre d’Espagne a été marqué par la violence et la propagande des fascismes en Europe comme du stalinisme en URSS. Issu d’une famille nantie de scientifiques et frère d’un biologiste eugéniste, Huxley, à son tour, jugera le livre d’Orwell “profondément important“, mais ne partagera pas sa vision de l’avenir, qui ne peut, selon lui, se réduire à “une botte dans un visage“. L’un redoute une dictature scientiste qui, en s’appuyant sur les biotechnologies, asservirait des individus programmés, quand l’autre imagine un État bureaucratique et répressif qui confisquerait la liberté de penser et la mémoire. 
 
Monstre hybride 
En confrontant les versions du “monde d’après” d’Aldous Huxley et de George Orwell, comme les itinéraires respectifs des deux écrivains, ce documentaire montre combien leurs œuvres visionnaires, qui ont en commun la manipulation du langage et la falsification de l’histoire, rencontrent les enjeux glaçants du monde contemporain, sorte de monstre hybride à la croisée de leurs romans. Éclairée par les analyses de critiques, d’écrivains (Boualem Sansal) et de philosophes (Cynthia Fleury), comme de l’émouvant témoignage du fils adoptif de George Orwell, Richard Blair, une relecture opportune, au temps de la surconsommation, des caméras à reconnaissance faciale, des réseaux sociaux ou encore des éructations de Donald Trump qui martèle : “Ce que vous voyez et lisez n’est pas la vérité.

Source: Arte

1 Commentaire

  1. On est dans un mix des deux livres : tous sous médocs et tous sous surveillance

    Les points sur lesquels les livres sont d’accord existent ou sont en passe de l’etre:
    -des zones de sous prolétaires ignorés par la technostructure,
    -l’éducation des enfants est domaine strictement réservé de l’état.
    -la destruction de la famille
    avec comme pilier les utérus artificiels qui changent la donne en matière de société

    Les points sur lesquels les livres diffèrent sont présents, existent tous les deux :
    -Dans le meilleur des mondes la monogamie et la fidélité sont proscrits, les couples sont encouragés a se faire et se défaire, refuser cela est mauvais pour l’avancement social : toute la mentalité post-68 est basée la dessus
    -Dans 1984 la sexualité est proscrite, il y a des brigades féministes “anti-sexe” : ca c’était le truc le plus bizarre du livre, pourtant quand on voit alice coffin il y a de quoi se demander si c’est pas le début.

    Il y a cependant quelques trucs qui ne sont pas abordés dans ces bouquins et qu’on subit aujourd’hui :
    -la propagande LGBT, faut croire que c’était trop inimaginable mais Joe Hadelman l’avait prédit dans son livre “la guerre éternelle” dans laquelle un type envoyé en mission dans l’espace, reviens sur terre après plusieurs siècles (du fait du décalage temporel en ayant voyagé a des vitesses proches de celle de la lumière) et constate que l’homosexualité est devenue obligatoire.
    -la propagande BLM : dans ces deux livres il n’y a pas de notion de race a qui demander pardon
    -la résurgence des guerres de religion : les deux livres postulent que les religions n’existent plus.

Les commentaires sont fermés.