Gironde : Une association appelle tous ceux qui le peuvent à héberger chez eux un jeune migrant pour trois semaines

« Les Hébergeurs solidaires » manquent de familles d’accueil. Pour sortir ces jeunes de la rue, il suffit d’avoir une chambre disponible sur une période de trois semaines. « Cela m’a apporté la sécurité, de ne plus dormir dans la rue », raconte Ibrahim, un jeune camerounais. « Le plus important, c’était de pouvoir me poser au chaud, en sécurité, et de pouvoir continuer mes études ». A l’époque Ibrahim était en troisième prépa pro au collège Trégey.

Il a été accueilli par trois familles différentes le temps que son recours devant le juge pour enfant soit étudié. Une période charnière de sa vie. « Un moment décisif », dit-il. Le Saemna, qui se charge de reconnaitre la minorité des jeunes, l’avait évalué majeur après plusieurs entretiens. Ibrahim s’était alors retrouvé à la rue sans protection.

Il avait donc pu être hébergé le temps de lancer un recours devant le juge pour enfants. Trois mois durant lesquels Ibrahim a été logé nourri et blanchi par des Bordelais désireux de l’aider. Trois mois au bout desquels le Tribunal l’a reconnu mineur. Le Conseil départemental l’a alors pris en charge via l’aide sociale à l’enfance (ASE). Aujourd’hui, Ibrahim travaille en alternance dans un restaurant. Il est en deuxième année de CAP service restauration hôtellerie. Il vit seul dans un appartement financé par le département.

Combien de jeunes comme Ibrahim ont pu bénéficier de cette aide à un moment où ils étaient dans une grande vulnérabilité ? « Au total, l’association a accueilli 31 jeunes depuis sa création en 2018 », détaille Noémie Bossard, présidente des Hébergeurs Solidaires, association qui œuvre sur la Gironde mais qui dispose d’autres antennes indépendantes ailleurs en France.

Actuellement, douze familles accueillent un jeune migrant dans le département, essentiellement sur la métropole bordelaise. Ce n’est pas suffisant. L’association a donc lancé un appel sur sa page Facebook. « Là on a été sollicité par le Kabako (un squat bordelais menacé d’expulsion) car ils saturent », explique Noémie Bossard.

France 3