Givors (42) : Deux enseignants en grève de la faim pour que leur collège soit classé Rep+ après une série d’agressions

“Nous entamons aujourd’hui, le 25 janvier, notre première journée de grève de la faim…” Pierre et Leila, deux enseignants du collège Lucie Aubrac, à Givors, ont lancé cette action en fin d’après-midi et posté ce matin leur première vidéo de deux minutes sur les réseaux sociaux pour expliquer les revendications. Derrière les deux enseignants masqués, installés en salle des profs, un slogan qui résume leur action menée au nom de l’équipe enseignante : “l’éducation doit rester prioritaire”. 

Un rassemblement est prévu mercredi à l’occasion d’une audience au rectorat sur le dossier. Une première n’avait pas abouti lundi, selon une porte-parole de l’équipe éducative du collège Lucie-Aubrac, qui compte quelque 540 élèves et fait déjà partie d’un réseau d’éducation prioritaire (Rep).

«En 2015, nous avions tous les critères nécessaires pour passer en Rep+ mais cela ne nous a pas été accordé, alors que les indicateurs se sont dégradés depuis», affirme Leïla M., qui enseigne les arts plastiques dans l’établissement depuis 10 ans. Elle a entamé une grève de la faim le 25 janvier avec son collègue d’histoire-géographie Pierre R., en poste depuis 25 ans.

«Une grève de la faim, ça peut paraître excessif mais on a fait des grèves, on a fait des manifs, on a fait des pétitions depuis cinq six ans et on a vraiment l’impression de perdre notre temps. Alors on s’est dit qu’on allait frapper un grand coup», explique ce dernier. Avec des collègues réunis au sein du «Collectif Aubrac», ils diffusent quotidiennement des vidéos sur YouTube pour expliquer leur action qui a démarré après «trois agressions en quatre jours».

Le collectif n’y voit que «le triste aboutissement d’une dégradation du climat scolaire depuis plusieurs années», face à laquelle ils réclament plus de moyens financiers et humains, qu’un classement Rep+ permettrait d’obtenir. Pour l’heure, la mobilisation a permis d’obtenir un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) et un poste d’assistant d’éducation (AED) supplémentaires. Mais toujours pas de Rep+: le rectorat a répondu que ce n’était pas de son ressort, selon le collectif qui s’est donc adressé directement au gouvernement dans sa dernière vidéo diffusée mardi soir.

Le Figaro