Gorron (53) : Après trois ans de mariage, Pauline, une Sénégalaise de 25 ans et Jean-Yves, un retraité de 71 ans, ont été suspectés « d’union uniquement matérielle et non affective »

Pauline rencontre Jean-Yves au Sénégal. Ils se marient, vivent ensemble sans histoire dans un petit village de la Mayenne, jusqu’au jour où les gendarmes frappent à la porte…

Jean-Yves, 67 ans, cherche une femme sérieuse alors qu’il est en voyage au Sénégal. Il demande à la femme de ménage de l’hôtel de lui présenter quelqu’un. Elle lui présente Pauline, 21 ans. Jean-Yves a “le coup de foudre”.

Elle était jolie et souriait. Pour moi c’est important une femme qui sourit.” Jean-Yves

Avec sa carrière, Jean-Yves n’a jamais pris le temps de se marier. Arrivé à la retraite, il cherche de la stabilité et Pauline lui convient parfaitement : “C’est la femme qu’il me fallait !” L’âge de Jean-Yves ne dérange pas la jeune femme, et l’inverse non plus.

“Quand il m’a demandée en mariage, j’étais surprise. Chez nous, le mariage c’est le bonheur d’une femme, alors j’ai dit pourquoi pas. Il ne m’a pas épousée pour que je sois sa femme de ménage. Je l’appelle Monsieur pour plaisanter, c’est comme ça au le Sénégal.” Pauline

Depuis qu’elle est arrivée en France en 2012, Pauline vit avec Jean-Yves sous le même toit, dans un petit village de la Mayenne où elle s’est vite intégrée. Elle a trouvé du travail dans les maisons de retraites.

“On ne croyait pas à notre mariage. Mais c’est comme ça ; c’est mon mari, mon ami, on fait équipe. Il m’emmène partout.” Pauline

Seulement, au bout de trois ans de mariage, des gendarmes frappent à la porte et demandent à voir Pauline. Elle est au travail, alors ils demandent à voir ses affaires. Jean-Yves retient sa colère. Le lendemain, Pauline est convoquée à la gendarmerie.

Ils ont considéré mon mariage comme matériel et nul affectif. J’ai pleuré, je faisais des nuits blanches. Il pensait que je m’étais mariée pour l’argent. Mais y a pas d’argent… Jean-Yves a beaucoup de dettes et mon salaire nous a aidés à vivre. Je partage ses dettes avec lui. Mon nom est inscrit à la banque, si mon mari meurt, c’est moi qui devrais rembourser ses dettes. Je me suis mariée avec lui pour le meilleur et pour le pire. Mais ça, les gendarmes n’ont pas regardé.” – Pauline

Pauline n’a plus le droit de travailler et doit quitter le territoire avant un mois. Jean-Yves a fait appel à une avocate.

“Pauline dort dans mon lit tous les soirs, plein de gens ont témoigné en faveur de notre affection. Alors qu’est-ce qu’ils appellent un mariage blanc ?” Jean-Yves

Pauline et son mari sont toujours ensemble. La situation de Pauline s’est considérablement améliorée, elle est désormais en situation régulière et a pu trouver un emploi.