Grèce : arrestation d’Ingeborg Beugel, journaliste néerlandaise de 61 ans qui héberge un clandestin afghan

Spécialiste des questions d’immigration, Ingeborg Beugel a été arrêtée et poursuivie pour facilitation au séjour illégal d’un jeune Afghan de 23 ans qu’elle héberge sur l’île d’Hydra, où elle vit depuis quarante ans

La journaliste néerlandaise Ingeborg Beugel a été arrêtée sur l’île grecque d’Hydra le 13 juin pour avoir fourni un abri à un demandeur d’asile afghan. Le demandeur d’asile a également été arrêté. Ils ont tous deux été relâchés un jour plus tard. Mme Beugel doit comparaître devant un tribunal en octobre. Elle risque une amende de 10 500 euros ou un an de prison, rapporte NU.nl.

La journaliste de 61 ans a été arrêtée sur la base d’une loi de 1991 qui interdit de fournir de l’aide et un abri aux sans-papiers […].

Ces dernières années, Beugel a souvent fait des reportages sur la situation inhumaine à laquelle sont confrontés les demandeurs d’asile en Grèce, en publiant dans De Groene Amsterdammer et BNNVARA. Lors d’un de ses reportages en 2018, elle a rencontré le demandeur d’asile afghan Fridoon, alors âgé de 21 ans, et son chien dans le camp de Malakasa. Il lui a raconté que son père et son oncle avaient été tués par les talibans et que son frère avait été mutilé. Il a aidé Ingeborg Beugel en tant que traducteur.

Après que Fridoon et son chien ont été gravement agressés par d’autres résidents du camp, la journaliste néerlandaise l’a recueilli et a écrit à propos de lui dans De Groene Amsterdammer. “J’ai été impressionnée par ses compétences linguistiques et sa personnalité douce, et j’ai décidé de le prendre sous mes ailes maternelles“, a déclaré Mme Beugel à NU.nl.

Selon Mme Beugel, les demandeurs d’asile sont confrontés à une incertitude sans fin en Grèce. Il leur est pratiquement impossible de demander l’asile. Ils ne peuvent contacter le service d’immigration grec que via un numéro Skype, mais personne n’a répondu à ce numéro depuis environ sept mois. En conséquence, leur procédure d’asile n’est jamais entamée […].

Le dimanche 13 juin, Fridoon a été arrêté sur Hydra pour la deuxième fois. La première fois, c’était en avril. Mme Beugel s’est à nouveau rendue au poste de police pour plaider sa cause, mais cette fois, elle a également été arrêtée. Les agents lui ont dit qu’elle avait été arrêtée en vertu d'”ordres venus d’en haut”. Il est apparu par la suite que d’autres résidents de l’île ont rapporté anonymement qu’elle avait une relation avec un sans-papiers qui vivait avec elle…

NL Times


Une journaliste néerlandaise est poursuivie en Grèce pour avoir accueilli chez elle un demandeur d’asile afghan, et encourt jusqu’à un an de prison et au moins 5 000 € d’amende, a précisé mercredi 23 juin 2021 son avocat.

Ingeborg Beugel, 61, correspondante du magazine néerlandais De Goene Amsterdammer, a été arrêtée le 13 juin sur l’île d’Hydra, où elle vit avec ses enfants une partie de l’année depuis 40 ans.

Le 13 juin, elle explique avoir été emmenée au poste de police sur l’île d’Hydra où elle a passé la nuit et être passée en comparution immédiate devant le tribunal du Pirée, accusée d’avoir facilité le séjour illégal ​d’un étranger en situation irrégulière […]. Ayant alerté l’ambassade des Pays-Bas à Athènes, elle a rapidement été libérée et son procès a été reporté à l’automne.

Ingeborg Beugel héberge à Hydra depuis maintenant plus d’un an un demandeur d’asile afghan, Fridoon, 23 ans.

La clause de la loi concerne la dissimulation d’une personne sans-papiers. «Je n’ai jamais caché que Fridoon vit avec moi», a déclaré Ingeborg Beugel à son employeur, l’hebdomadaire, De Groene Amsterdammer […].

Fridoon est arrivé à Lesbos en 2015, après avoir fui Kaboul où son père et son oncle ont été tués par les talibans, d’après le récit de la journaliste hollandaise. D’après cette dernière, sa demande d’asile a déjà été rejetée deux fois mais en raison d’une mauvaise traduction de son histoire aux services d’asile. Il a donc été autorisé à se faire réenregistrer. Depuis octobre dernier, le jeune homme tentait d’avoir un rendez-vous avec les services d’asile via Skype pour régulariser sa situation.

En 2017, dans une affaire similaire, l’agriculteur français Cédric Herrou avait été condamné à quatre mois de prison et à 3 000 € d’amende pour avoir hébergé des migrants en provenance d’Italie. Il avait finalement été acquitté en appel en 2020…

Ouest France