Grèce : Le “double jeu” des Européens face à la Turquie

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Alors que la Grèce exigeait un embargo sur la vente d’armes à Ankara, ou a minima des sanctions dures contre le gouvernement d’Erdogan, les Européens, ont joué “petit bras” selon la presse grecque. Les Grecs s’indignent du “double jeu”des Vingt-Sept, Emmanuel Macron en tête.

Le discours de conclusion du Sommet européen [des 10 et 11 décembre], annonçant des sanctions contre la Turquie sur le dossier sensible des activités en Méditerranée orientale, semblait ferme”. Le texte “a bien signalé les violations des espaces maritimes grecs et chypriotes, ainsi que les provocations d’Ankara qui n’a pas respecté l’ultimatum des Européens du sommet d’octobre dernier”.

Mais dans les faits, “aucune sanction sévère n’a réellement été prise”. Seules des mesures “vagues” et individuelles ont été décidées, visant des responsables des opérations gazières en Méditerranée. C’est pourquoi le journal fustige dans son titre de une “le double jeu des Européens” dont “le discours est à mille lieues des menaces brandies ces dernières semaines”.

Les Grecs sont désagréablement surpris par l’attitude de Paris. “Berlin, Madrid, Rome et Malte, qui sont directement liés économiquement à la Turquie, se sont opposés farouchement à des sanctions commerciales. Mais c’est la France qui a créé la surprise. Pourquoi le président Macron n’a-t-il pas insisté en faveur de sanctions plus dures et a accepté d’attendre le mois de mars pour voir l’évolution de la situation? Il était jusqu’alors le fer de lance de l’UE en matière de prise de décisions fortes contre la Turquie”.

Un changement d’attitude de la diplomatie française qui pourrait s’expliquer par une forte pression exercée par Berlin sur Paris. Mais c’est aussi le poker menteur joué par Ankara, qui s’est présenté comme une victime, qui a fait son effet et qui permet à la Turquie d’Erdogan de “s’en tirer à moindres fraisC’est un échec de la diplomatie européenne”.

Ta Nea