Grenoble (38) : Des migrants naturalisés pour avoir aidé la France face à la pandémie, « J’ai envie de continuer à donner à la France »

Une cérémonie de naturalisation a été spécialement organisée à Grenoble (Isère) pour quatorze réfugiés ou immigrés, tous en première ligne pendant la crise sanitaire.

Grenoble (Isère), vendredi. Ayleen, médecin d’origine irakienne qui a travaillé dans l'hôpital public pendant la crise, a reçu son certificat de citoyenneté des mains du ministre de la Santé, Olivier Véran. LP/Thomas Pueyo

Ayleen, médecin d’origine irakienne qui a travaillé dans l’hôpital public pendant la crise, a reçu son certificat de citoyenneté des mains du ministre de la Santé, Olivier Véran

« Devenir Française, c’est comme une renaissance. Une nouvelle vie qui démarre », confie avec émotion Ayleen Abada, médecin d’origine irakienne qui s’est réfugiée en France en 2017 avec son mari. « Nous sommes chrétiens et nous étions directement menacés par l’avancée de Daech. ». Loin de l’Irak, sous les dorures de la préfecture de l’Isère, Ayleen a reçu ce vendredi son certificat de citoyenneté française des mains du ministre de la Santé, Olivier Véran.

C’est une cérémonie spéciale car elle réunit quatorze personnes de pays différents, de prénoms différents, qui ont en commun d’avoir aidé la France face à la pandémie, a souligné le ministre. Que ce soit dans un établissement de santé ou parce qu’elles étaient en première ligne dans le commerce ou la sécurité. »

« J’ai envie de continuer à donner à la France »

En tant que médecin généraliste, Ayleen n’a cessé de travailler dans l’hôpital public au plus dur de la crise sanitaire, d’abord à Pau, puis en Isère où elle a rejoint son mari qui avait été affecté au CHU de Grenoble. « Le second confinement a été le plus difficile. On était débordés. L’état des patients se dégradait très vite. C’était violent pour nous et pour les familles. Mais j’étais fière de me rendre utile. Je compare forcément l’Irak à la France. Ici, il y a plus de moyens, c’est une chance, mais on travaille aussi beaucoup. Je relativise, je vis peut-être mieux ce genre de crise qu’un Français qui n’a jamais vécu de guerres. »

Parce qu’elle s’est illustrée pendant la crise, l’accession à la citoyenneté française d’Ayleen a été accélérée. « J’ai simplement fait mon travail, mais c’est une belle reconnaissance. J’ai envie de continuer de donner à la France pour la remercier de son accueil. ».

Le Parisien