Grenoble (38) : Karamba Diaby, un Guinéen lourdement handicapé, est menacé d’expulsion

Karamba Diaby, né en 1993 à Kolabui village de Guinée Conakry, a contracté à l’âge de 3 ans la poliomyélite à cause du manque d’eau potable dans son village qui a eu pour conséquence de le priver de l’usage de ses jambes. A partir de ce moment il a été délaissé, n’a reçu aucun soin, a été réduit à se traîner par terre et se nourrir des restes de nourriture qu’on voulait bien lui laisser ; il n’a fréquenté aucune école.

Ne pouvant accepter de continuer à subir le manque de soins et de vivre dans des conditions dégradantes sans éducation, sans travail, il a pris la route de l’exil. Il est parvenu à franchir la distance jusqu’en France dans des conditions où, on le sait, la vie des migrants est en péril à chaque instant et l’est encore plus pour les personnes handicapées.

Karamba est arrivé en France en 2016 sans autonomie de déplacement ; grâce aux soins reçus au CHU de Grenoble, les rendez-vous réguliers (qu’il honore toujours) chez un kinésithérapeute de ville, il a pu gagner une autonomie importante, peut marcher sur de courtes distances et bénéficie d’un fauteuil roulant.

Les cours de français suivis assidûment lui permettent de s’exprimer avec aisance en français, le parler, le lire, l’écrire.

Soucieux de solidarité, il participe activement aux permanences de l’APARDAP, association iséroise de parrainage et d’accueil des demandeurs d’asile et de titre de séjour qui le soutient dans toutes ses démarches, servant souvent d’interprète, diffusant renseignements et informations, allant au-devant des autres accueillis pour les aider comme il a lui-même été aidé.

Titre de séjour refusé et OQTF délivrée 

Un titre de séjour au motif étranger malade lui a été refusé ; ses soutiens et son avocat ont mis en avant l’évident motif humanitaire à titre exceptionnel. L’administration française n’a pas souhaité retenir ce motif non plus. L’OQTF qu’il a reçue découle de ce refus.

 Mais Karamba Diaby, suite au dossier déposé le 23 juillet 2020, a reçu mi-septembre une notification de décision de la CDAPH (Commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) précisant qu’il bénéficiait désormais de :

– Reconnaissance de travailleur handicapé

– Droit à une orientation de service d’aide par le travail (ESAT)

Cette décision doit être appliquée.

Nous savons qu’un retour en Guinée exposerait Karamba à de nouvelles violences, à l’exclusion et la mendicité. Dans ce pays, les personnes handicapées sont perçues comme une malédiction ; leur insertion reste encore aujourd’hui impossible.

Nous refusons que Karamba Diaby perde le bénéfice des soins et de l’enseignement qui lui ont permis de retrouver une dignité qu’il est venu chercher ici. Nous demandons que l’OQTF soit abrogée et qu’il lui soit délivré un titre de séjour qui lui permette de bénéficier des décisions de la CDAPH lui permettant de travailler, gagner sa vie, s’intégrer.

Mes Opinions