Haïti : “Allô la France? Rendez-nous l’argent !”

Un ensemble d’articles publiés par le «New York Times» a établi le montant de la dette que la France a imposée à Haïti sous la menace des armes en 1825.

Une série d’articles du New York Times publiés ce week-end remet en lumière la tragique histoire de l’indépendance d’Haïti et la dette astronomique que le pays a dû payer à la France au XIXe siècle, un sujet peu exploité par la classe politique haïtienne. Les précisions de Constant Méheut, journaliste au New York Times.

Affrontements entre les insurgés haïtiens et l’armée française lors de l’expédition de Saint-Domingue, en 1802, Haïti

Le poète, dramaturge et auteur haïtien, Jean D’Amérique, 26 ans, interpelle la France

Au côté gauche de ma poitrine, j’ai un pays : plaie qui me ronge et espoir qui m’anime en même temps, blessure et lumière qui m’habitent dans le même geste. Dans la profondeur de ma chair, dans mes entrailles, j’ai un pays qui me tient debout, parce qu’il n’a jamais baissé la tête devant ses bourreaux, parce qu’il a combattu et vaincu les forces de l’ombre. Parce qu’il a défié le destin d’opprimé auquel on l’avait condamné, parce qu’il a révoqué le sort d’éternel marchepied auquel le vouait un système colonial, motivé par les démons du racisme et du capitalisme.

Décolonisation

Aujourd’hui, allongée entre deux coups de fusil et abandonnée par le monde, voici que ma terre se meurt, voici qu’Haïti sombre dans une indescriptible agonie, elle devient comme ce visage trop triste qu’on refuse de regarder. Il lui reste peut-être un seul trophée, une seule fierté : un drapeau rouge érigé dans la nuit de la grande histoire. Victoire arrachée dans le sang, face aux spectres du colonialisme. Et même cette dernière petite flamme, on a tout fait pour l’en dépouiller, le pays des Lumières a tout fait pour l’éteindre.