Union européenne : La Hongrie et la Pologne bloquent le budget et le plan de relance européens (Màj: Soutien de la Slovénie)

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19 novembre 2020

Mercredi 18 novembre, le Premier ministre slovène Janez Jansa a soutenu les critiques formulées par la Pologne et la Hongrie lorsqu’elles ont opposé leur veto au budget de l’UE concernant des projets visant à lier le financement au respect de l’État de droit.

«Certains groupes politiques… menacent ouvertement d’utiliser l’instrument à tort appelé “État de droit” afin de discipliner les États membres de l’UE par un vote majoritaire», a déclaré Jansa dans une lettre au président du Conseil de l’UE, Charles Michel, publiée dans les médias locaux. […]

Bien que la Slovénie ne se soit pas jointe à eux pour opposer son veto au budget lundi, Jansa a déclaré dans la lettre qu’il ne serait pas approprié pour un organe politique de statuer sur les différends relatifs à l’état de droit.

L’État de droit” signifie que les différends sont tranchés par un tribunal indépendant et non par une majorité politique dans une autre institution “, a-t-il déclaré. “Nous avons besoin d’institutions de l’UE qui ne soient pas impliquées dans les conflits politiques internes des États membres“, a ajouté Jansa.

Jansa est un proche allié du Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban, il a imité la rhétorique dure d’Orban sur l’immigration.

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17 novembre 2020

Le dirigeant hongrois Viktor Orban et son homologue polonais Mateusz Morawiecki

Budapest refuse que le respect de l’État de droit conditionne le versement de fonds structurels européens. Alors que le pays souffre particulièrement des conséquences économiques de la deuxième vague de Covid-19, ce blocage envenime les rapports déjà tendus avec Bruxelles et fait la une des médias locaux.

La Hongrie met son véto au budget 2021-2027 ainsi qu’au plan de relance de 750 milliards d’euros censé atténuer les effets de la crise engendrée par le coronavirus, grippant la mécanique enclenchée depuis le sommet extraordinaire de la mi-juillet. Budapest, comme Varsovie, refuse le mécanisme conditionnant les fonds européens au respect de l’État de droit.

Dix jours avant le véto hongrois, la presse propouvoir magyare dénonçait un “chantage” après la validation d’un accord provisoire liant les subsides de Bruxelles à ce principe.

“Du point de vue des deux gouvernements, le conflit actuel n’est pas une question d’argent ou de définitions, mais d’identité et de souveraineté nationale. Pour eux, lâcher prise ébrécherait l’autonomie des États membres”, écrit l’ancien commissaire européen Tibor Navracsics.

Dans l’après-midi du lundi 16 novembre, les ambassadeurs de l’UE ont adopté à la majorité qualifiée l’incorporation du mécanisme sur l’État de droit au sein du prochain budget septennal. “Ce vote n’était pas définitif et avait valeur de test car le dernier mot revient aux ministres des États membres”.

Selon la ministre de la Justice, Judit Varga, la responsabilité de ce blocage “incombe à ceux qui ont laissé les débats idéologiques prendre en otage le plan de sauvetage et qui ont violé l’accord de juillet passé entre les chefs d’État et de gouvernement alors que la Hongrie s’est toujours conformée aux traités”.

Mais, espère un professeur d’économie , “l’enjeu est si important qu’il y aura une forme de compromis même s’il est vrai, fait remarquer István Magas, que le Brexit a prouvé que les intérêts financiers ne sortent pas toujours vainqueurs”.

444 & Világgazdaság