Hongrie : la Cour de justice de l’Union européenne casse la loi contre l'”université Soros”

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La Cour de Luxembourg estime que Budapest enfreint la liberté académique en imposant des contraintes trop strictes aux établissements étrangers. La “Lex CEU” votée en 2017 ciblait particulièrement l’université d’Europe centrale fondée par George Soros et provoqua le transfert de son campus vers Vienne.

Après la condamnation de la détention des migrants à la frontière serbo-magyare et la censure de la loi obligeant les ONG à publier les noms de leurs donateurs étrangers, Budapest encaisse un troisième revers en moins de six mois face à la Cour de justice de l’Union européenne.

Selon l’arrêt rendu ce 6 octobre par l’instance basée à Luxembourg, les conditions introduites par la Hongrie pour permettre aux établissements d’enseignement supérieur d’exercer leurs activités sur son territoire sont jugées incompatibles avec le droit de l’UE.

Ce dispositif adopté en avril 2017 ciblait particulièrement l’université d’Europe centrale fondée dans la capitale hongroise par le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros, bête noire du gouvernement Orbán et objet de multiples campagnes négatives.

Plusieurs manifestations d’ampleur avaient été alors organisées à Budapest. “Certes, la Hongrie est contrainte d’amender sa loi sur l’enseignement supérieur, mais la CEU est partie en novembre 2019 à Vienne et ne tirera probablement qu’un mince bénéfice pratique de cet arrêt”.

Si le gouvernement ne se conforme pas au verdict de ce mardi, la Commission européenne pourrait lancer une procédure d’infraction s’ajoutant à celle visant déjà la Hongrie depuis mars 2020 en lien avec la loi de 2017”.

Ulcéré par ce qu’il considérait comme une ingérence politique, Viktor Orbán engagea à l’époque un bras de fer avec Jean-Claude Juncker, ancien président de la Commission. En février 2019, des affiches polémiques accusaient le Luxembourgeois de comploter contre la Hongrie aux côtés de George Soros.

L’exécutif hongrois prend acte de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne et considère qu’il y a deux poids, deux mesures. “Les règles juridiques sont les mêmes pour toutes les universités en Hongrie. On ne peut pas créer une législation avantageant l’‘université Soros’ par rapport aux universités hongroises”, a commenté la ministre de la Justice, Judit Varga, auprès de l’agence officielle MTI.

Parallèlement, la CEU saluant une “victoire juridique et morale” annonce la création prochaine d’un institut de recherches sur la démocratie au sein de ses locaux de Budapest et réfléchit à rapatrier certains de ses cursus en Hongrie.

Nepszava

2 Commentaires


    • ce média d’influence financé par le Congrès américain renaît dans un
      pays où l’indépendance de la presse recule et où la qualité de
      l’information s’érode

      Ils parlent de la fronce plutôt non ?

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