Hongrie : Viktor Orbán publie un brûlot contre le « criminel économique » George Soros

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Après que George Soros a appelé l’Union européenne à ne pas céder face à Budapest et Varsovie sur la question de l’État de droit, Viktor Orbán a répliqué en qualifiant Soros de « criminel économique » et de « plus grande menace pour les États de l’Union européenne ».

Après plus d’une décennie au pouvoir et plus de cinq ans après la crise des migrants et de l’asile qu’il a imputé pour partie au milliardaire, le Fidesz peine à renouveler son discours. Engagé dans un bras de fer avec l’Union européenne qui souhaite conditionner l’accès à ses fonds au respect de l’État de droit, le gouvernement hongrois blâme à nouveau George Soros, qu’il accuse de corrompre des bureaucrates européens.

En ne se privant pas d’intervenir dans un débat ultra-sensible dans lequel la Pologne et la Hongrie , George Soros a donné du grain à moudre à Viktor Orbán. « L’Europe doit tenir tête à la Hongrie et à la Pologne », a-t-il en effet estimé dans un article publié le 18 novembre sur le site Project Syndicate (https://www.project-syndicate.org/commentary/europe-must-stand-up-to-hungary-and-poland-veto-by-george-soros-2020-11).

« Ce n’est pas tant au concept abstrait d’État de droit que s’opposent le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et, dans une moindre mesure, le dirigeant de facto de la Pologne, Jarosław Kaczyński. Pour eux, l’État de droit représente une limite à la corruption personnelle et politique », écrit Soros.

La salve est dirigée contre le chef du gouvernement hongrois : « Orbán a construit en Hongrie un système kleptocratique. […] Orbán a volé le peuple hongrois », avance Soros, faisant référence à une récente modification constitutionnelle qui permet de transférer d’importantes sommes d’argent public à plusieurs fondations privées placées sous son contrôle indirect.

Orbán franchit un cap

Dans une lettre ouverte publiée ce mercredi, Viktor Orbán a franchi un cap en visant ad hominem. « Soros est un criminel économique, car il a gagné son argent grâce à la spéculation, ruinant la vie de millions de personnes et faisant même chanter des économies nationales entières », lance-t-il.

Il l’accuse d’avoir attaqué le forint hongrois et la plus grande banque de Hongrie pendant la crise économique de 2008.Viktor Orbán s’appuie sur la tribune de Soros pour l’accuser de donner ses ordres aux dirigeants de l’Union européenne. Il accuse au passage des hauts-fonctionnaires de l’Union européenne de collusion avec Soros.

« De nombreux bureaucrates européens de haut rang travaillent avec le réseau Soros pour créer un empire unifié […] et cherchent à priver les peuples de leur droit à décider de leur destin », écrit-il. Impuissantes à s’opposer à l’adoption d’un mécanisme permettant de couper les fonds de l’UE à des États portant atteinte à l’État de droit, à la majorité qualifiée des États membres, la Hongrie et la Pologne ont mis leur veto le 16 novembre au budget 2021-2027 de l’Union européenne et au fonds de relance européen de 750 milliards d’euros.

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