Ile-de-France : Le confinement les a décidés à quitter la région parisienne

Destination un petit village de l’Indre. Le premier confinement dans leur petit appartement de Boissy-Saint-Léger (94) a convaincu Sidicatou Tcheka-Artins et son mari de quitter l’Île-de-France. 

Sidicatou Tcheka-Artins a le sourire. Dans quelques semaines, elle posera définitivement ses valises à Aigurande, un petit village de l’Indre riche de 1 500 âmes, non loin de Châteauroux, avec son conjoint et leur ado. Des mois qu’elle en rêve : la vie en région parisienne devenait « étouffante ».

Cela fait pourtant vingt-trois ans qu’elle habite à Boissy-Saint-Léger, une commune du Val-de-Marne proche de Paris. En mars 2020, quand Emmanuel Macron annonce le confinement du pays, elle se dit que c’est le moment ou jamais de franchir le pas. « Nous habitions à trois dans un appartement avec, heureusement, un balcon. Ne plus pouvoir sortir, s’aérer, ça a été la goutte de trop », se remémore-t-elle.

C’est décidé : elle veut quitter l’Île-de-France. « Le Covid nous a fait prendre conscience qu’il fallait qu’on parte. Ça a été un vrai accélérateur », pointe-t-elle, avec ce large sourire dont elle ne se départit jamais.

D’autres facteurs sont entrés en jeu à l’heure de penser au déménagement. « On s’est rendu compte qu’on perdait beaucoup de temps dans les transports. Il y a aussi beaucoup d’incivilités, de violences. Mon fils collégien s’est fait insulter, taper et racketter plusieurs fois. C’est lui aussi qui nous pousse à changer d’environnement », raconte la mère de famille. Dès le mois de mai 2020, dès les mesures sanitaires allégées, le couple court visiter des maisons […].

Les avantages du “vivre à la campagne”

[…] En Indre, ils n’ont aucune attache, ni familiale ni amicale. Mais ça ne l’inquiète pas. « Notre terrain fait 1 850 m2, ce que nous n’aurions jamais pu avoir en région parisienne. Nous avons de la place pour accueillir la famille », explique la coach en bien-être. Le travail n’a pas été un obstacle. Alors que son mari, actuellement cadre à La Poste, est bientôt retraité, Sidicatou Tcheka-Artins pourrait retrouver son métier d’antan, exercé pendant vingt-deux ans : auxiliaire de puériculture. « Je peux par exemple travailler dans une crèche. On m’a même proposé un poste en maison de retraite, près d’Aigurande », se réjouit-elle.

Vivre à la campagne présente beaucoup d’avantages, surtout pour son fils : « Son collège est à 300 mètres, sa classe sera moins dense qu’ici, où ils sont 30. À Aigurande, ils sont 15 par classe. Les professeurs arrivent mieux à détecter les lacunes de chaque élève », résume-t-elle…

L’Humanité