“Imite l’accent congolais” : Le jeu de société Picolo accusé de racisme et de misogynie

Un jeu de société est au cœur d’une polémique. Des utilisateurs alertent sur les questions et des actions proposées, jugées parfois racistes et misogynes. 

Un jeu est au cœur du débat. “Imite l’accent congolais jusqu’à nouvel ordre”, “À tour de rôle, touchez le sexe de votre voisin ou voisine de droite ou prenez deux pénalités”, “prends-toi une belle olive, les deux mains serrées dans le cul-cul par (un autre joueur) ou prends deux pénalités”… Des exemples mis en avant par des jeunes femmes qui pointent du doigt l’application Picolo créée en 2015 par des étudiants.

Culture du viol, blagues racistes…

Le principe du jeu est simple : répondre à des questions loufoques, voire coquines, à tour de rôle et appliquer des gages tout en buvant de l’alcool. C’est ce mode “Caliente” qui est décrié. Pour certaines femmes, ce jeu est en effet tout sauf ludique et instaure un “climat de domination” quand des hommes intègrent la partie avec des femmes. Certaines d’entres elles avancent que Picolo banalise notamment les violences sexuelles, le racisme et le harcèlement.

J’ai déjà assisté à un jeu d’alcool sur téléphone où il fallait mimer une fellation devant tout le monde, passer 5 minutes avec quelqu’un dans une autre pièce.”

*Pauline témoigne chez nos confrères de BFMTV du malaise qu’elle a pu ressentir lors d’une partie avec des amis. “C’était vraiment angoissant”, poursuit-elle. 

Selon Khadija Azougach, avocate spécialiste des violences faites aux femmes et secrétaire générale de l’association Lawyers for Women, certaines des actions du jeu pourraient être constitutives d’une agression sexuelle, voire d’un viol. 

Jérôme Boé, directeur général de la société Marmelapp qui édite l’application, s’est défendu :” Nous n’avons jamais été poursuivis en justice pour une quelconque affaire.”

L’éditeur assure par ailleurs “n’encourager aucun comportement violent, raciste ou à caractère sexuel non consenti qui pourrait être répréhensible dans le cadre de la loi.”

 BFMTV