In memoriam Jan Palach, le martyr anti-communiste du printemps de Prague

Le 16 janvier 1969, le jeune Jan Palach, 20 ans, s’immole par le feu en plein centre-ville de Prague pour protester contre l’écrasement du printemps de Prague par les Soviétiques.

Ce jeudi 16 janvier 1969, il est 15 heures quand Jan Palach, 20 ans, étudiant en philosophie à l’université Charles, s’approche de la statue Venceslas dans le centre-ville de la capitale, un bidon d’essence à la main. Il s’en asperge, craque une allumette, s’embrase. “Jetez un manteau sur moi, jetez un manteau sur moi !” hurle-t-il avant de s’écrouler.

Transporté à l’hôpital, il décède de ses blessures trois jours plus tard. Non sans s’être assuré de la publication par les journaux de sa lettre expliquant son geste : une tentative de réveiller la résistance de la population après l’écrasement du printemps de Prague par les Soviétiques.

Face aux réformes mises en place en 1968 par le premier secrétaire du parti communiste et réformateur Alexander Dubček, la réponse de Moscou fut en effet implacable : elle envoya ses chars dans la nuit du 20 au 21 août 1968. Plus de 400.000 soldats du Pacte de Varsovie envahirent les rues de la capitale, le peuple et l’armée tchèque étant réduits à une résistance passive.

Encore inconnu le matin même de son suicide, Palach incarne désormais le combat contre la brutalité du régime communiste. Deux autres jeunes, Jan ZajÍc en février et Evžen Plocek en avril, se donneront la mort de la même façon. Choquée par ces événements, la population tente de se remobiliser. Mais il lui faudra plus de deux décennies pour renouer avec la liberté.

Arrêté le 16 février 1989 alors qu’il déposait une gerbe en mémoire de l’étudiant immolé, le dissident et futur président de la République Vaclav Havel se révélera l’un des instigateurs de la révolution de Velours qui mettra un terme au régime communiste en Tchécoslovaquie.

GEO