Israël : Laïcs et religieux s’affrontent autour d’une série télévisée satirique

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Les Juifs arrivent, qui en est à sa quatrième saison, est un sujet de controverse nationale depuis qu’un rabbin youtubeur, Zamir Cohen, a publié un réquisitoire devenu viral dans les milieux orthodoxes.

Moïse présente à son peuple les Tables de la loi au pied du mont Sinaï. Sa sœur, Myriam, s’étonne qu’il n’y ait pas dans les Dix Commandements de condamnation du viol. Le prophète en rajoute alors un onzième au grand dam de sa tribu. «Pas de viol? Pourquoi? Même si elle est inconsciente? Même si elle est morte?», s’interrogent les hommes.

Bourrée de références bibliques et inspirée des Monty Python, la série satirique Les Juifs arrivent joue la carte de la transgression sans trop de subtilité. Elle retrace sur un mode irrévérencieux marqué par la pop culture, l’histoire du peuple juif, de la sortie d’Égypte à l’occupation de la Cisjordanie, du Buisson ardent à Hitler, d’Abraham à Adolf Eichmann.

Ses références circonstanciées à la Torah lui valent de servir de matériel pédagogique aux professeurs des lycées israéliens en quête de vidéos attrayantes. Mais l’émission à succès de la chaîne de télévision Kan n’est pas, mais alors pas du tout, du goût des religieux.

Selon les rabbins, Les Juifs arrivent tourne en dérision la tradition et les pratiques juives et constitue «un affront à Dieu». Ils pressent les responsables de la chaîne 1 de la retirer des programmes et demandent, en cas de refus, au procureur général de la Cour suprême, Avichai Mandelblit, de la supprimer.

Des hommes politiques montent également au créneau. Ils réclament une enquête pour offense publique à la foi et aux sentiments religieux, une infraction relevant du Code pénal en Israël. La polémique prend encore plus d’ampleur avec le dépôt d’une plainte auprès de la police par la direction de la chaîne pour des menaces de mort à l’encontre des auteurs des sketchs.

D’après son porte-parole, «la liberté d’expression et la liberté de création sont des valeurs suprêmes tout comme l’humour et l’autodérision». De son côté, le ministère de l’Éducation retire les liens des vidéos de son site, avant de les rétablir sous la pression d’enseignants. Selon les rabbins, Les Juifs arrivent tourne en dérision la tradition et les pratiques juives et constitue «un affront à Dieu».

Ils pressent les responsables de la chaîne 1 de la retirer des programmes et demandent, en cas de refus, au procureur général de la Cour suprême, Avichai Mandelblit, de la supprimer. Des hommes politiques montent également au créneau. Ils réclament une enquête pour offense publique à la foi et aux sentiments religieux, une infraction relevant du Code pénal en Israël.

La polémique prend encore plus d’ampleur avec le dépôt d’une plainte auprès de la police par la direction de la chaîne pour des menaces de mort à l’encontre des auteurs des sketchs. D’après son porte-parole, «la liberté d’expression et la liberté de création sont des valeurs suprêmes tout comme l’humour et l’autodérision». De son côté, le ministère de l’Éducation retire les liens des vidéos de son site, avant de les rétablir sous la pression d’enseignants.

«Nous vivons dans un État juif et dans un État juif nous devons honorer (nos ancêtres, NDLR), notre tradition, nos croyances», s’insurge le rabbin Elyakim Levanon, chef d’une yechiva, une école d’étude de la Torah, située dans les colonies de Cisjordanie. Unanimes, les théologiens ont appelé les acteurs de la série à «se repentir de leurs péchés».

«Nous posons des questions sur tout, de la Bible à Ben Gourion en passant par les dirigeants ashkénazes. Nous disons: “C’est notre histoire”. Nous allons dans les textes et nous vous faisons réfléchir. Il y a une façon critique de voir les choses, mais c’est juste pour donner à l’histoire un regard neuf et contemporain», rétorque Natalie Marcus, la cocréatrice de l’émission. Au-delà de ses qualités et de ses défauts, Les Juifs arrivent est le dernier épisode des clivages entre laïcs et religieux. Un baromètre des tensions d’une société israélienne sous pression.

Le Figaro