Italie : « Cassez-vous, Marocchini, sales nègres », cinq touristes belges agressés dans un village napolitain

Actuellement en vacances, les amis voulaient voir l’un des plus beaux villages d’Italie. Ils ont été victimes de coups et de propos racistes. Blessée au visage, sous Dafalgan, une avocate bruxelloise d’origine chinoise témoigne.

Racisme près de Naples: 5 touristes belges agressés dans un parking à Positano, «J’ai des blessures au visage et un traumatisme crânien»

Les policiers sont arrivés 40 minutes après les faits.

Un média napolitain a donné l’information. H. Z., l’avocate bruxelloise qui a été la victime principale des faits, a accepté de témoigner. Au moment où nous lui parlons, elle et ses quatre amis sont remontés sur Bologne.

L’avocate est toujours sous le choc. « Le rapport de l’hôpital de Sorrente mentionne des blessures au visage et un traumatisme crânien. Je suis actuellement sous Dafalgan, le temps de rentrer en Belgique afin d’y effectuer des examens complémentaires. L’incapacité de travail est de 7 jours, mais je ne peux décemment pas reprendre mes activités professionnelles à ce stade », précise-t-elle. On lui a mis quatre points de suture.

« Cassez-vous, Marrochino »

Mardi, elle et ses amis, décident de s’arrêter dans le village de pêcheurs de Positano. Un endroit magnifique et très touristique. « Il était 13h40 et nous avions prévu d’y rester une heure, avant de poursuivre vers la côte amalfitaine. Nous avons garé notre voiture dans un parking payant, le Mandara. À notre retour, mon ami a donc tendu le ticket afin de régler la somme de 10 €. Nous patientions à quelques pas du guichet quand l’un des employés a commencé à me hurler dessus en italien, se rapprochant de manière menaçante de mon visage, ainsi que de celui de mon amie. Ne comprenant pas l’italien, je lui ai demandé de s’adresser à moi calmement et poliment en anglais. Il m’a été rétorqué que si je ne parlais pas italien, il ne fallait pas venir en Italie ».

Apeurés, les trois hommes et les deux femmes se mettent en retrait, attendant leur véhicule garé un étage plus bas. « Lorsqu’il est finalement arrivé quelques minutes plus tard, un autre employé est sorti de son échoppe, pour foncer sur mes amis et moi, hurlant en italien. Nous étions terrorisés à un point tel que mes amis ont dû intervenir. Mon amie parlant quelques mots d’italien a demandé à la personne de parler calmement et a expliqué que nous quittions les lieux ».

Des insultes ont alors fusé à leur encontre, dont un « Cassez-vous, Marocchino ». « J’ai appris que pour les Italiens, cela voulait dire : ‘sale africain, sale nègre’. Je suis d’origine chinoise mais née en Belgique. Mes amis sont belges d’origine tuniso-marocaine et mon amie est d’origine italo-marocaine. L’un est juriste, l’autre architecte… Paniqués, nous avons regagné notre véhicule, mon ami s’installant au siège conducteur ». La scène vécue a été particulièrement traumatisante car les employés du parking, soit plus d’une dizaine de personnes, ont attendu que ses amis, à tout le moins les trois hommes, montent dans le véhicule pour encercler le véhicule, les bloquer et les immobiliser, avant de s’attaquer au conducteur, coincé dans l’auto. Ce dernier a reçu plusieurs coups de poing au visage.

Quant à l’avocate, qui n’était pas encore montée dans le véhicule, elle a essayé d’aider son ami. « L’agresseur m’a alors asséné violemment un coup de poing au visage. Je me suis effondrée à terre sous le choc de la douleur perdant presque connaissance. Mes lunettes avaient valsé et j’ai alors porté la main à mon visage pour constater que du sang s’écoulait de ce dernier ».

Les policiers n’aident pas

Les amis belges appellent le 112. Les policiers arrivent… 40 minutes plus tard. Ils connaissent visiblement bien les propriétaires du parking. Plus tard, descendus dans le village avec les Belges, ils refuseront d’enregistrer leur plainte. « Ils nous ont dit que ce n’était pas interdit de porter des coups en Italie, nous conseillant de conclure un arrangement avec les propriétaires du parking ».

Ce qu’ils refusent, évidemment. « La plainte a été déposée entre les mains du procureur de la république près le Tribunal ordinaire de Salerne en date du 27 juillet. Nous voulons que Justice soit faite ».

Massimiliano Alosco, leur avocat confirme le tout. « Je suis gêné qu’on puisse faire cela à des touristes chez nous. C’est une honte », confesse l’homme depuis son lieu de travail à Pompéi.

Sud Info